Témoignage et récit d'une ballade de quatre mois au Vietnam

UN VELO AUTOUR D'UN MONDE, AU BOUT DU MONDE

PAR GUY PASSELANDE

AFIN DE RENDRE HOMMAGE A DES ANCIENS QUI LE VALENT BIEN

VIETNAM CENTRE-ANNAM-

La route HO CHI MINH :cette fameuse route va amener lentement…le vélo du delta du fleuve rouge vers le delta du mékong jusqu'à HUE d'abord en passant par VINH MOC, la rivière BEN HAI, le pont HIEN LUONG (17 ème parallèle), QUANG TRI, le camp retranché de KHE SANH.

Ce chemin là va se faire en pédalant avec le chant des roues qui meurt et renaît à chaque tour de pédale. Le vagabondage se fera dans l'ivresse et sur un cordon ombilical de bitume tout plat, la machine se laissera aller souvent en roue libre : NINH BINH, THANH HOA, VINH, DONG HOÏ, vers l'historique 17 ème parallèle.

Vers là… la planète va me porter et le vélo me transporter vers le centre. Ici sans GPS je vais recentrer mes roues en me centrant sur moi-même et me concentrer sur mes cartes : 1/2 000 000 Vietnam-Laos-Cambodge, 1/2 000 000 Thaïlande-Vietnam-Laos, 1/1 750 000 carte Indochine. Avec le vélo pour compagnon chaque jour contiendra une vie, chaque région un monde, chaque personne un destin, chaque lieu une histoire, un tout exorcisé par le bourdonnement du dérailleur et le vrombissement des roues.

Ici ce sera la région de Quang Tri très bombardée pendant la guerre (contre les Américains) avec l'utilisation du fameux "agent orange" : (photos région Quang Tri 1 à 4)

Là, après la ville de Dong Ha, on trouvera le pont Hien Luong, la rivière Ben Hai qui servit de frontière entre le Nord et le Sud Vietnam pendant 21 ans (de 1954 à 1975). Au passage de la rivière Ben Hai il sera possible d'apercevoir le vieux pont qui date de l'époque française, une maison qui servait de poste douanier et un grand monument commémoratif : (photos 17 ème parallèle 1 à 4)

Les tunnels de Vinh Moc se trouvent dans le village situé à une douzaine de kms de la rivière Ben Hai. Le vélo saura où il va ce qui ajoute à la motivation du destrier. Le village de Vinh Moc est situé exactement sur le fameux 17 ème parallèle. Ce village joua un rôle essentiel pendant la guerre du vietnam. Les vietcongs y entreposaient des armes, des munitions et du ravitaillement destinés aux soldats infiltrés sur l'île de Côn Cô à 20 kms au large des côtes. Le tout était acheminé sur cette île stratégique en naviguant de nuit sur des bateaux à rames. Vinh Moc est le secteur qui a reçu le plus de bombes pendant la guerre (napalm et défoliants). Pour survivre les habitants de Vinh Moc creusèrent un réseau souterrain formé de kilomètres de galeries où ils vécurent environ pendant 6 années dans des conditions terribles. Ils sortaient dans la journée pour s'occuper des champs et rizières et rejoignaient leur cachette dès que l'alerte retentissait. Systématiquement ils s'engouffraient dans les tunnels pour y passer la nuit.

Les galeries creusées à la main dans la terre et la roche se répartissaient sur 3 niveaux de profondeur : 12,15 et 18 mètres. Sur ces photos prises le 2 décembre 2008 lors de mon périple à pied on y voit des cavités creusées dans la roche servant de campement aux familles, des abris cuisine et infirmerie, des trous servant à entreposer la nourriture et l'eau. Un de ces tunnels débouche à l'air libre, à quelques mètres au-dessus d'une plage, base de départ des bateaux à rames chargés de munitions et ravitaillement pour l'île stratégique de Côn Cô. (photos tunnels Vinh Moc 1 à 14)

Pour rejoindre le site de Khe Sanh on découvre le pont Dakrong et la piste Ho Chi Minh :

Après ce pont, sur la route n°9 (bitumée en bon état) en direction de Lao Bao (frontière avec le Laos) le vélo accèdera au village de Khe Sanh. De là il suffira de prendre à droite pour rouler sur un chemin en latérite. Ici camp retranché de Khe Sanh : un panneau à l'entrée, le plan de l'aérodrome américain de Tacon, le plan du camp un mémorial avec plaque.

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Certains historiens ont comparé l'enfer de Khe Sanh à celui de Dien Bien Phu.

Le siège de Khe Sanh, forteresse soi-disant imprenable avec la ligne Mac Namara était supposée empêcher la pénétration Nord Vietnamienne au sud du 17 ème parallèle, dura 17 jours du 20 janvier au 7 février 1968. Les Vietcongs contournèrent la ligne de défense (même scénario que la ligne Maginot en 1940). Ce fut l'enfer d'une bataille racontée dans le livre « Putain de mort » du journaliste Michael Herr. Il reste ici un musée avec photos, témoignages, objets relatifs à la bataille. Et puis de ci de là au milieu des trous de bombes : des casemates de marines (10000 marines étaient stationnés là), quelques carcasses de bombes rouillées, des canons et 2 hélicoptères (un chinook et un Huey) exposés comme des trophées. Comme à Dien Bien Phu les américains subirent ici une défaite psychologique : l'histoire se répète ! La piste d'atterrissage de l'aéroport du terrain de Tacon (où 300 bombardiers décollaient quotidiennement) a disparu sous les caféiers. En grattant ici on retrouve encore des plaques d'identité de marines tués au combat, des médailles de cadres vietcongs, vendus aux touristes par les vietnamiens… (photos vestiges du camp retranché de Khe Sanh 1 à 8 ) C'est très émouvant et impressionnant.

Après avoir remonté le temps, pour ne pas perdre les pédales il me faudra reprendre la route et enfourché le vélo pour rejoindre HUE ville des empereurs. Au pied de la cordillère annamitique, au bord d'une large rivière dite des parfums je vais pouvoir non loin du pont Clemenceau humer les bonnes odeurs et faire reposer le vélo.

J'irais flâner, me faire photographier dans la ville des empereurs Nguyên (Hué j'y serais photo 1 à 6) et aussi prendre quelques clichés charmants et insolites… (Hué photos charme et insolite 1 à 10)

Et maintenant en avant pour la cordillère annamitique !...

 

HAUTS PLATEAUX ANNAMITIQUES

C'est par la magnifique et ancienne route de montagne que le vélo rejoindra Da Nang ville située à une centaine de kms de Hue. Celle-ci grimpe jusqu'au célèbre col des nuages appelé Hai Vân, elle est sinueuse avec de spectaculaires points de vue sur cette baie appelée au bon vieux temps "golfe de Tourane". Le col souvent dans les nuages marque la frontière climatique entre le Nord et le Sud. Il surplombe la mer de près de 500m, ici quelques vestiges chinois, français et américains avant d'arriver à Tourane appelé maintenant Da Nang.

Le vélo y sera en novembre 2010, il faudra aller vite vraisemblablement sous la pluie avant de poser pied à terre ou dans l'eau, à Hoi An avec les inondations. Le mardi 18 novembre 2008 à 9h30, heure vietnamienne précise, j'y étais avec "un vélo de derrière les fagots" et dans les conditions que vous voyez ici : m'avez-vous reconnu ?...

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Bref ! je faisais comme tout le monde.

Ah ! Mes amis je ne peux pas m'empêcher de parler un peu de moi et de cette "bière Larue  la bière qui tue" comme le disait si bien mes anciens. Regardez plutôt : (photos Hoi An vélos et bière Larue 1 à 5)

Sur l'une de ces photos vous pouvez me situer sur la plage de Cu'a Dai posant somptueusement, pépère, à bord de mon chapeau de brousse…

C'est à Hoi An que le missionnaire français Alexandre de Rhodes débarqua en 1625 et inventa la langue vietnamienne à partir de l'alphabet romain. Le saviez-vous ? Ah ces français !...

Après avoir passé devant cet hôtel bien nommé le vélo meurt d'envie de vous faire visiter en photos cette pittoresque petite ville coloniale qu'est Hoi An. (Hoi An ville 1 à 8)

J'ai rencontré ici des tas de gens sympa : l'inévitable oncle "Ho" aussitôt vu, aussitôt disparu avec sa barque (photos Hoi An "oncle Hô" 1 à 4) et puis la foule en chapeaux pointus sur des barques identiques au fil de l'eau (photos Hoi An la foule sur l'eau) , le monde au marché sur l'eau (Hoi An le marché 1 à 8) et enfin du tout un peu en vrac…vous allez adorer. (Hoi An vrac 1 à 12) Mais que d'eau, que d'eau !!!

C'était Hoi An, ça sentait bon la France :

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C'était le bout du monde, j'y étais déjà dans ma tête :

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Et le drapeau flottait tout près de la machine roulante, vive le vélo 2010 !

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La suite vers Nha Trang …

C'est presque une Lapalissade pour un vélo : le chemin se fait toujours au rythme des tours de pédalier. Mais encore… un vélo ne va jamais aussi loin que lorsqu'il sait où il va, comme si les premiers coups de pédales contenaient tous les autres, à condition que le pilote au "long nez" sache flairer la piste et que la piste soit historique à souhait.

Le tournoiement dosé des roues ne pourra s'emparer de l'être du pilote que si la réflexion, liée à une motivation mémorielle, puisse trouver un juste équilibre avec le mouvement harmonieux des membres inférieurs et la trajectoire imposée par l'action des supérieurs et le positionnement du guidon censé donner la direction : ce n'est pas la machine qui décide mais le pilote. C'est un peu comme dans le pilotage d'un aéronef, un parapente par exemple, comprenez-vous ? Vu pour le clin d'œil !

Loin d'être dans les airs mais sur un "plancher des buffles", le cul posé sur une selle de vélo dont le guidon m'amènera de son plein gré dans la direction imposée par une imagination fertilisée par la dégustation d'une bière fraîche promptement descendue à la sortie de Hoi An si ce n'est actuellement, devant ma copie le cul posé devant mon ordinateur : voilà qui est moins amusant ! Mais elle est bonne… : "la bière qui tue" même si elle n'est pas Larue car sans offense elle repose le cul…et l'esprit.

Donc le guidon sera judicieusement positionné sur l'itinéraire qui suit, voilà pour la réflexion… :

Cet itinéraire menant de Hoi An à Dalat comportera deux parties montagneuses de Hoi An à Quy Nhon et de Phan Rang à Dalat complété par une partie côtière de Quy Nhon à Phan Rang via Nha Trang.

Entre Hoi An et Quy Nhon il empruntera entre Kon Tum et An Khe le trajet de la tragique destinée du GM 100 en 1954 (groupement mobile N° 100) : Voilà pour la motivation mémorielle confirmée par la carte qui suit :

"Quoique le nom de notre vainqueur puisse vivre dans l'histoire, maudite soit la marche du conquérant qui foule aux pieds des cœurs nobles et libres" ainsi disait et écrivait Thomas Moore l'auteur des "Mélodies Irlandaises". Pour glorifier la mémoire des anciens un "vélo baroudeur" ne peut que les honorer, avec Thomas Moore, par ces illustrations … :

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On connaît la suite :

Le 20 juillet 1954, le cessez le feu est signé à Genève. L'entrée en vigueur ne se fera que 15 jours plus tard sur les hauts plateaux.

Le GM 100 fait mouvement vers le sud, ralliant sa base de Bent Cat. Mis au repos au cap Saint-Jacques (baie de Tourane actuellement Da Nang), le 1 er septembre 1954, le colonel Massé, dans un ordre du jour prononce la dissolution du GM 100.

Le vélo 2010 passera près de l'ancien camp retranché d'An Khe avant de cheminer dans la partie côtière entre Quy Nhon et Nha Trang.

Ah j'allais oublier une partie importante de l'histoire de ces fameux hauts plateaux ! Je pose donc le vélo sur sa béquille pour vous en parler avant de rouler vers Nha Trang et Dalat depuis Qhy Nhon.

Les français ayant quitté les lieux en 1956 ce sont les vietnamiens du sud qui firent venir les américains dans les années 1960.

L'armée US possédait quatre grandes bases aériennes autour de Pleiku, dont le camp Halloway et la base de Pleimê près de Tapia. Je regarderai s'il reste quelque chose de ces bases mais je sais qu'une base vietnamienne existe dans la montagne proche. Je n'irais pas la renifler et je passerais au large c'est plus prudent.

L'armée de Hanoï déferla sur Pleiku au printemps 1975 provoquant l'exode de milliers de civils et la débâcle de l'armée du sud Vietnam faiblement épaulée par les américains. Pleiku détruite, la vie a repris lentement. Elle vit désormais au rythme des hauts plateaux en essayant de développer le tourisme "ethnographique". L'ethnie "long nez" va reprendre le vélo, le dégager de sa béquille pour reprendre le survol de sa fantastique aventure vélocipédique…au-delà des limites du touristique. Pourquoi pas de cette manière…ce serait sympa non ! :

La prodigieuse petite reine, dans sa modestie, ressemble à un ballon ailé. Son cadre triangulaire est une montagne inversée vers l'intérieur. Lorsque roues et route se nouent au ciel, l'échine de son pilote danse sur les cimes. Je vole, je vole aurait dit Icare. Mais attention de ne pas s'approcher trop du soleil afin d'arriver sans encombre à Nha Trang.

Une longue plage de sable fin bordée de cocotiers, des promontoires rocheux s'avançant dans la mer turquoise, des petites montagnes et une myriade d'îles au large : Nha Trang a été gâtée par dame nature !

Sur le front de mer, longé sur plusieurs kilomètres par une grande promenade on y trouve les bâtiments de l'époque bénie de l'Indochine française restaurés pour la plupart. A cette époque Nha Trang était un centre de repos. Les quelques chanceux prisonniers français, après leur libération des camps vietminh, y ont été envoyés pour se retaper. Mon frère y a séjourné après sa libération et avant d'embarquer pour la France sur le paquebot "La Marseillaise". Ouff !!! après cette tragédie de la RC 4… (à lire dans le récit témoignage)

C'était en 1952 j'y ajoute cette photo pour lui rendre honneur comme tous les anciens : sans commentaires

Quant à moi, avec ce vélo là à bord d'un parasol, j'y ai séjourné entre le 22 et le 26 novembre 2008.

Mais avant avec ce curieux vélo souffrez que je vous fasse visiter Nha Trang :

L'on ne visite pas cette ville sans connaître auparavant le docteur YERSIN alias "MONSIEUR NAM" : je vous le présente.

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Il a introduit au Vietnam (Indochine française) l'arbre à caoutchouc (ou hévéa) en 1897 et l'arbre à quinquina en 1917. Sur sa stèle érigée près de son tombeau à Suôi Dâu on a gravé la liste de ses titres et décorations. YERSIN est "vénéré du peuple vietnamien". Le petit mortel que je suis n'a pas manqué, avec le vélo parasol ci-dessus, d'aller voir sa tombe et lui rendre hommage, à 60 kms de Nha Trang: "Il repose comme il a aimé vivre : seul, absolument seul".

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Avant de rejoindre Dalat, ville que Yersin contribua à ériger grâce à ses explorations, voici Nha Trang en photos :

(photos Nha Trang plage 1 à 12). Il y a la plage des touristes celle des agréables rencontres et puis celle des bienheureux pêcheurs et des pauvres pécheurs : celle des vendeurs de marijuana et des salons de massage aux hôtesses en tenue suggestive d'où émerge une plage à la présence un peu glauque…alors méfiance !

Il y a aussi les  "villas Bao Dai" sur le flanc d'une colline surplombant la mer avec une plage privée sur la pointe sud de la baie de Nha Trang. L'empereur Bâo Dai n'y aurait pas vécu. Il y passa une journée en 1936 pour l'admission de son fils chez les scouts (photos villas Bao Dai 1 à 10) .

Ici j'ai rencontré la jeunesse impressionnée par ma bonne bouille mes yeux bridés et rieurs mais aussi quelques bons vivants qui se sont aperçus, sans coup férir, que j'avais la glotte bien sèche…

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Vu la caisse et le sac du photographe négligemment posé sur la chaise vide…un vrai bonheur ! L'artiste de l'art pictural parlait aisément le viet et le "vélo parasol" attendait à l'extérieur pour le ramener.

Allez zou !!! direction Dalat.

C'est parti pour DALAT, j'aime cette ville française et je vais vous expliquer en long, en large et en photos pourquoi… :

J'y ai posé mon sac du 26 au 30 novembre 2008 et j'ai été émerveillé.

Le "vélhomme" que je vais être bientôt sera en religion constante avec DALAT et ce vélo qui va m'y porter, dont les pédales prolongeront mes jambes, le corps en conque à l'écoute d'un monde, ses roues de centaure soulèveront autant de poussière, de boue, d'eau et de sueur que de questions mais je baignerais dans le bonheur…D'ailleurs VELO contient le plus beau des anagrammes : LOVE (amour)…quel bonheur !

Après la partie côtière c'est donc vers Dalat, l'unique objet de ma joie, que je vais grimper pour un nouvel éloge à "la pentitude". Sur le vélo le courant passera en continu et les émotions pèseront plus que le chargement. Fabuleux vous dis-je !

De la côte en montant à droite après Phan Rang, une route de montagne de 55 Kms, tout en lacet, me mènera à Dalat ville nichée à 1500 m d'altitude dans un cirque de collines plantées de conifères. C'est bel et bien une ville conçue sur le principe d'une "ville-paysage". Les urbanistes français y avaient pensé à l'époque pour soulager les colons de Cochinchine de la chaleur tropicale de Saïgon. Il y a de l'eau ou plutôt les eaux qui dévalent du sommet des montagnes, forment des rivières, se transforment en chutes et en cascades, en lacs naturels ou artificiels. Ici la nature est dans la ville et la ville est à la campagne.

Hourrah ! J'y suis mes amis… au bout de 204 kms depuis Nha Trang, pour faire parler l'histoire de cet espace béni des dieux : un "pays de cocagne" encore inconnu d'un VELO piloté avec "maestria".

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Vous savez tout sur Dalat : "cocorico !" et vive MONSIEUR NAM ! J'espère que vous le connaissez tous celui là…d'ailleurs je fais une "interro… " et à la fin de l'échange "je touche" à la manière de la botte de Cyrano et si cela n'a pas été assimilé, alors c'est la fessée…

Mais vous n'avez pas encore fait connaissance avec la photogénie de Dalat : "ignorant, ignorantus, ignorantum" aurait fait remarquer Molière. Vous allez tout savoir en photos.

Haut lieu touristique, Dalat garde l'empreinte de la France : une gare sur le modèle de celle de Deauville, la crypte de la cathédrale où reposent les cendres des français, des maisons dans le style basque ou années trente…, des jardins à la française, un golf, un lac artificiel. On appelle encore Dalat "le petit Paris". Tout y pousse comme en Bretagne : artichauts, choux fleurs, laitues, tomates…Les coteaux vinicoles s'étagent comme dans le bordelais. La vigne plantée par les français, donne un nectar "vieilles vignes" à déguster, pour une fois, sans modération. Les américains qui ne "connaissent pas le vin" ont osé se l'approprier en y collant leur "étiquette english" sur ce noble cépage français : le vin de Dalat rouge ou blanc à prix abordable si vous le dégustez, Hmmmm !!!, dans les échoppes et bars du "Petit Paris".

Vive la France ! : "toy phap, je suis français, no American, no English, no Australian, no tourist, French only…! ", non mais !!!

Demandez le programme ! En photos vous pourrez crier "j'y étais" bien avant d'y avoir mis les pieds…

Nobles "aventuriers de tout poil" du haut de ces toits de Dalat un siècle d'Indochine française vous contemple avec la grâce de "ong Nam", "Monsieur cinq, alias YERSIN" et je n'y suis pour rien du haut de mon toit :

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1°- "le petit PARIS" photos 1 à 8. Remarquez la pimpante tour Eiffel, le lac artificiel.

2°- "la gare de DEAUVILLE" photos 1 à 6. Remarquez la boite aux lettres, elle existait déjà à l'époque française, le hall de gare et la gare en 1950…rien n'a changé.

3°- "la locomotive à vapeur française (131-428) en gare de DEAUVILLE". photos 1 à 8. Remarquez la machinerie…le tout photographié "en catimini" avec le wagon à charbon. Alors là… "Sud Rail" va en rougir de jalousie.

4°- "depuis la gare de DEAUVILLE un petit voyage avec le train jusqu'au village de Trail Mail situé à 17 kms de Dalat et champagne servi à bord s'il vous plaît !!! " photos 1 à 8. Remarquez les cultures maraichères tout  pousse…, la gare de Trail Mail, le passage à niveau dans le village.

5°- "les villas de France" photos 1 à 8. Remarquez : les villas de Dalat reprennent le style architectural de 4 régions. La Normandie avec les pans de bois apparents, la Bretagne avec les grosses pierres saillantes et les ardoises, la Savoie et ses chalets en bois avec balcons et enfin le pays basque reconnaissable à ses deux pans de toiture asymétriques descendant très bas et quelques pignons à colombages. Selon le style de la villa, on peut déceler l'origine géographique du Français qui fit construire la maison. Un pur bonheur !

6°- "la cathédrale de Dalat" Dalat cathédrale du coq photos 1 à 4. Remarquez : c'est le style religieux des sous-préfectures françaises qui a été exporté jusqu'ici et édifiée entre 1931 et 1942. A l'intérieur les vitraux en mosaïque viennent de France, on y voit la marque de fabrique de l'artisan d'art français : "Grenoble, verrerie Balmet, 1940". Les Dalatois l'ont surnommé "l'église du coq" à cause de son coq en bronze juché au sommet du clocher. J'ai assisté à une messe ici et en français. L'église était en réfection en 2008, on voit les échafaudages sous le coq et la croix.

7°- "le marché de Dalat" photos 1 à 8 . Ce marché est au cœur de la ville. On peut y acheter de tout et en particulier du vin de Dalat à prix très abordable. Pendant 5 jours j'en ai fait mon apéritif.

8°- "le lycée YERSIN celui de Monsieur cinq". Photos 1 à 6 . Construit en 1935 en l'honneur du découvreur de Dalat il a l'allure d'une bâtisse française du sud de la France. Au 2 rue Yersin un ancien professeur de français qui fut élève dans ce lycée pourra vous en parler dans le détail. Ce lycée fut rénové avec des deniers français.

9°- "le jardin des fleurs à Dalat" Photos 1 à 10. Les Dalatois sont des gens très romantiques à l'image des Français.

10°- "le palais d'été de Bâo Dai" Photos 1 à 8 et jardins du palais Bâo Dai, photos 1 à 4. Cest l'ancienne résidence d'été du dernier empereur du Vietnam. Construite par Le Corbusier, elle n'a pas changé d'un pouce depuis 1930. Remarquez sur son bureau un livre du "Roi Jean", De Lattre de Tassigny et puis des photos de l'empereur saluant et serrant la main à des militaires Français et encore une photo d'une visite de l'empereur au camp retranché de Dien Bien Phu…toute une histoire de France.

11°- "Le Sofitel Dalat Palace" Photos 1 à 4. Construit en 1905 alors où le gouvernement français avait l'intention de faire de Dalat la capitale de la fédération indochinoise. Le premier réseau clandestin du parti communiste vietnamien fondé en 1930 est né dans les cuisines de cet hôtel de grand luxe. C'est un monument historique ! je n'y ai pas mis les pieds je n'étais qu'un petit « va nu pieds » patriote pour toute fortune, avec un sac à dos de 17 kgs le tout puant la sueur. Le vélo itou n'y sera pas accepté en 2010 et il s'en fout…

12°- "La résidence du gouverneur général" , l'Amiral Decoux, photos 1 à 3. Cette grande demeure fut achevée en 1937. Elle servit de palais d'été au gouverneur général Jean Decoux jusqu'à la fin de la 2 ème guerre mondiale, puis à Ngô Dinh Nhu frère du président Diem et plus tard encore au vice président Nguyen Cao Ky. "Qui est Ky", demanda un jour le général de Gaulle…

Et bien vous connaissez tout et vous avez quasiment tout vu…

Ah non !!! j'oubliais le golf construit encore par les Français…justement en voilà l'entrée : ah ces Français !!! du "petit PARIS" évidemment.

En temps qu'ignorant du golf moi je vais jouer en Cochinchine…avec le VELO.

 

A suivre …

 

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