UN VELO AUTOUR D'UN MONDE, AU BOUT DU MONDE

PAR GUY PASSELANDE

AFIN DE RENDRE HOMMAGE A DES ANCIENS QUI LE VALENT BIEN

Le vélo sur la route de l'Indo de nos anciens, au fil des heures, des jours, des mois.

VIETNAM NORD au jour le jour : jeudi 9 septembre 2010

J'y suis mes amis avec le vélo. Le voyage a été fatiguant mais le moral est au beau fixe. J'ai pris mes repères, surpris de m'apercevoir que l'on se souvenait de moi ici à Hanoï. Je loge dans un modeste hôtel, ("no tourist oblige") avec un vélo dans la chambre toujours en housse, qui ne demande qu'à être remonté. Le grand départ d'Hanoï est prévu le I2 où 13 et ça ne sera pas de la tarte. Pour le moment je dois m'organiser, j'ai à faire…

..

Voici déjà quelques photos… (photos 1à 4 arrivée à Hanoï)

9 septembre 2010 – 2Oh15 locale à Hanoï

C'est une petite suite du jour et les ennuis commencent. En voulant, dans une chaude après midi indochinoise, comme les anciens se souviennent, j'ai voulu remonter le vélo séance tenante…une horreur !, le dérailleur était endommagé à l'issue du transport. La galère commençait…. avec les moyens du bord j'ai réussi à arranger cela. Le vélo est monté et j'aurais envie de dire que « Dieu est grand » mais je ne connais pas le coran…

...

Mais demain c'est certain je vous présenterais "le vélo" mon si sympathique compagnon avec lequel je suis certain d'être son sympathique obligé.

Demain c'est certain je vous transmettrais des photos avant de tâter du guidon dimanche jour du Seigneur.

Samedi 11 septembre

Les premiers tours de pédale seront pour demain dimanche 12

La tête dans le guidon je vais prendre la direction de Phu Ly puis Nam Dinh. Je ne sais pas encore où je poserais le vélo mais vous le saurez bientôt. Moi en attendant je vais faire le tour du petit lac. A demain mes amis, fini le repos…

 

Dimanche 12 septembre – 1ére étape -

C'est parti à 8h00 exactement ! De la rue Dinh Liet, une rue d'un bout du vieil Hanoï, tout prêt du p'tit lac Hoan Kiem, par une chaleur qui se promet d'être éreintante je décolle cale pied bloqué sur les pédales après une séance photos du départ.

De temps en temps en direction de Phu Ly je fais quelques poses pour donner à boire et reposer le vélo, il le mérite bien. (photos poses). Je passe dans les hauts lieux de « la bataille du Day » en 1951, époque du grand chef De Lattre de Tassigny…Je suis à Phu Ly au bout de 90 kms, (le vélo vous le prouve sur cette photo) depuis Hanoï et sur des petites voies souvent défoncées et boueuses.

...

En direction de Nam Dinh j'ai trouvé un endroit pour dormir. Je vais poser mes fesses ici et faire reposer le vélo qui vient de rouler 95 kms. Pour une première étape cela nous suffit. Ah j'oubliais le vélo a quelques problèmes de dérailleur, je vais le soigner ou alors je ferais avec sans brusquer la bête en espérant que le seigneur soit avec nous…et demain où serons nous ? En attendant quelques instants plus tard, alors qu'il s'était mis à pleuvoir dans le secteur du Day, j'ai cherché à grignoter mais je n'ai guère trouvé sinon un bol de soupe et une bière. Alors à demain !

Mardi 14 septembre –jour prévu pour la 3 ème étape-

Je devais filer sur Haïphong mais en raison des fortes pluies je préfère attendre à l'abri dans la chambre d'un hôtel à prix raisonnable ici à Thaï Binh : cela aussi est raisonnable. Le vélo, lui est sous la flotte à l'extérieur. Il va falloir huiler.

...

Quant au cavalier il va tenter de cicatriser sa blessure à la selle. Il va falloir pommader. Mais que faire d'autre lorsqu'il pleut fort : discuter avec un pote ? Ou bien encore faire le joli cœur… et choisir…, c'est encore difficile car « il n'y a rien à jeter ».

...

Vous voyez quand il n'est pas évident de pédaler une 3 ème étape qui attendra, on s'ennuie un peu pour éviter de dire autre chose.

Cet après midi, après une courte sieste, je constate que la pluie a cessé. Je décide d'aller faire une rando dans la city et visite le marché. Thaï Binh était investi par le Viet Minh dans l'année 1951, actuellement la propagande s'affiche avec un certain message de paix. Les colombes volent et deux ont émigré ici pour le meilleur et le plaisir : un vélo et son complice.

...

C'est décidé demain, quelque soit le temps, nous voleront vers Haïphong.

Mercredi 15 septembre (ce sera la 3 ème étape)

C'est pas vrai ! Il pleut encore je me fais violence et je décide de partir malgré tout. Je ne vais tout de même pas moisir ici…les anciens n'avaient peur de rien eux ! A l'assaut de Haïphong !!! Je ne suis pas Thierry d'Argenlieu pour ceux qui connaissent l'histoire, je n'emploierais donc pas les grands moyens d'alors.

Je prépare donc vite fait mes bagages en faisant attention de ne rien oublier. "Si Dieu le veut" comme ils disent là-bas où je n'irais pas et le vélo avec moi qui ne s'y trompe pas et prend avec la pluie la direction de Haïphong.

...

Chemin faisant je secoue mes vêtements trempés, je joue avec les enfants et derrière le vélo « se marre ». Et bien ouiiii, figurez vous…Dieu l'a voulu : je suis parti avec la pluie, je suis arrivé à Haïphong avec le soleil au terme de cette troisième étape de 75 Kms.

...

Tout ragaillardi le vélo a posé avec moi sur le quai : nous venions de débarquer et étions satisfaits de cette journée qui au préalable s'annonçait mal.

Je me suis mis en quête de trouver un endroit sympa pour passer la nuit ici : Khach San Hoa Binh. Mais auparavant j'ai pris quelques photos de mon arrivée à Haïphong. Pour les voir cliquez en suivant (photos arrivée 3 ème étape Haïphong)

La gare se trouve à deux pas de mon pied à terre et le vélo voulait la voir et l'admirer de plus près :

Demain c'est à suivre… en principe je vais à Hong Gai pour une 4 ème étape.

16 septembre 4 ème étape

J'ai décidé la veille de rejoindre Hon Gai (baie d'along). Il va s'en passer des choses aujourd'hui et le vélo en sera la cause. Et pourtant il est beau ce vélo d'ailleurs les enfants l'admire à chaque fois qu'il prend la pose :

etape 4 n6.JPG

Ce matin je me lève à 5h00 depuis mon pied à terre de Haïphong, une heure plus tard je suis près du vélo et je m'aperçois qu'il a été déplacé. Sans doute gênait t'il le passage ? Toujours est-il que la roue arrière était bloquée, patins de freins dérèglées, dérailleur en berne déjà que celui là n'allait pas trop bref il fallait me mettre au boulot sans oublier de huiler car avec les fortes pluies pendant deux jours tout se mettait à rouiller. Je n'avais pas prévu que cet "autour d'un monde" était organisé pour, dès le départ, une multiplication des galères destinées à "emmerder le monde" au bout du monde. Je m'y suis mis et pendant une heure j'ai attrapé une suée du "feu de Dieu" de manière à ne pas pouvoir dire là que Dieu était grand. J'ai même été obligé de me reprendre une douche et chose sublime j'ai réussi à réparer. J'ai tout de même pris mon envol avec deux heures de retard.

J'ai traversé Haïphong avec évidemment une circulation infernale. Circuler au Vietnam, dans toute agglomération, ça craint : il ya les contre sens, pas de priorité, doublement dans tous les sens, conversations mobile sur deux roues, je n'arrêtais pas de maugréer mais nous n'étions plus chez nous…

J'ai traversé le pont "Cau Binh" avec peu de circulation car autorisé seulement pour les deux roues, en prévision de lourds travaux certainement :

Et puis j'ai pris un bac, je vous fait donc profiter de la traversée sur ces photos (etape 4) que voici si vous cliquez. Il a fait très chaud, une vraie chappe de plomb. En vue de Hon Gai et Bai Chay, de la baie d'Along, j'étais lessivé sans un poil de sec avec un vélo plein le dérailleur et les pignons. Mais nous pouvions apercevoir la baie d'Along et nous en étions fort aise. Rappelons qu'a l'aplomb de Bai Chay se situait Vat Chay où était cantonnée l'école des commandos du Nord Vietnam en 1951.

...

Et puis comme si la chaleur et la fatigue ne suffisaient plus, la pluie que l'on attendait pas est arrivée. Il a fallu traverser le pont "Cau Bai Chay" sous des trombes d'eau. Bonjour la rouille et les problèmes de transmission, salut les blessures à la selle et les problèmes de pommadage. Bref les deux compères faisaient de l'huile… :

Cette étape 4 s'achevait péniblement au terme de 70 kms durs, très durs : mais que faisions nous dans cette galère… ? Après concertation il devenait évident que demain nous allions rouler une courte étape.

17 septembre 5 ème étape

Je vais arriver à Cam Pha. C'est ici qu'on embarque tout le charbon extrait dans les mines à ciel ouvert de la province de Cam Pha soit une grande partie de la production nationale. Quand la France était propriétaire l'entreprise était nommée "les Charbonnages du Tonkin".

J'ai bien géré cette étape que j'ai voulu courte avant d'atteindre la sanglante route coloniale N°4 au niveau de Tien Yen mais en attendant :

...

Je me suis offert une bière Larue "la bière qui tue" en donnant le sourire.

J'ai toujours autant mal au c.. J'ai fait un arrêt dans cet hôtel d'état, pas très confortable mais d'un prix peu élevé. A la suite d'une fausse manip je me suis trouvé enfermé dans la chambre. Et j'ai crié « help-help-help » pour que l'on vienne et finalement l'on est arrivé pour me libérer. Sympa quand même ! J'ai ensuite été faire un petit tour et j'ai trouvé ça…

...

Voilà qui fera plaisir aux anciens…qui ajouteront des commentaires. Mais nous n'étions plus chez nous et les "Charbonnages du Tonkin" ne nous appartenaient plus.

18 septembre 6 ème étape

Nous n'y sommes pas encore, il est 19h15 locale le 17 septembre et je suis dans « mon home » buvant un nescafé au lait (sachets que je me suis procurés à Thaï Binh). Chaque auberge fournit un grand thermos avec de l'eau chaude.

J'ai cassé la croûte dans la city dans un petit local qui m'a inspiré. C'était délicieux j'ai dégusté un riz avec des jaunes d'œufs et d'autres ingrédients que je ne connaissais pas, bref le plat d'un cycliste français au long court, intronisation que je me suis donnée, lequel a avantageusement fait oublier le mal aux fesses de l'intronisé. Le tout était arrosé d'une bière venue d'Along. J'ai été impressionné le jeune maître coq faisait virevolter tout ça dans une grande poêle avec maestria faisant sauter le riz de deux bonnes coudées pour rattraper le tout ça à la manière d'un jongleur.

Le patron lui était aux anges de savoir que j'étais Français. Il m'a dit être ici, jeune, alors que le Vietnam était encore la France. Il ne m'a pas fait part de ses sentiments mais je voyais à son sourire que cette époque là ne lui avait pas déplu. Nous nous sommes longuement serrés la main. Il fallait que je vous fasse part de cela mes amis sinon je n'aurais pas pu m'endormir correctement. A demain pour la 6 ème étape.

En quittant Cam Pha je fais bénir le vélo à la cathédrale et je fais bien car cette étape va être un véritable enfer pour le vélo et son pilote :

En résumé, car j'ai envie de faire court, une chaleur écrasante avec une humidité maximum, des routes défoncées et de la boue partout avec une circulation intense de camions et de bus qui roulaient vers ou revenaient de Moncay frontière de Chine. Eclaboussés, secoués, trimbalés roulant et rouleur ont eu de nombreux maux et en particulier la mécanique pour l'un, les fesses pour l'autre. Exténués nous étions et dans un état déplorable. Pour moi la bière Hanoï bien fraiche fut le meilleur des médicaments. Sur la route vers Moncay j'ai rencontré des gamins qui partaient à l'école avec des vélos de derrière les fagots moins compliqués mais aussi roulant que le mien. Il faut dire que je n'avais plus les moyens de distribuer mon énergie à la bête. Les enfants en tout cas ont apprécié mon arrêt photo :

...

Je voulais me trainer sur Dinh Lap mais finalement je me suis dirigé sur Tien Yen, la direction de Moncay.

Là j'ai trouvé un hôtel où j'ai pu laver le vélo au jet et moi me doucher et me reposer.

Cette 6 ème étape s'est achevé dans la souffrance, demain il faudra repartir mais pas plus loin que Dinh Lap et évidemment nous roulerons sur la tristement célèbre route coloniale n°4 (RC 4) où nos anciens sont tombés, dans d'atroces souffrances et souvent sans espoir de retour.

A demain mes amis, souffrez que je me repose un peu.

19 septembre 7 ème étape

C'est de nouveau le jour du seigneur et le temps passe petit à petit pendant qu'en France vous devez tout de même penser à ce cinglé d'exilé. Excusez-moi de ne pas pouvoir vous donner des nouvelles plus souvent mais je suis dans des endroits où il m'est impossible de me connecter. Je transmettrais les nouvelles d'un bloc lorsque cela me sera possible peut être Langson ou probablement Caobang. Cela aussi c'est du travail.

Ce matin j'ai quitté cet hôtel de Tien Yen au lever du jour. La journée allait être chaude, au bout d'une heure de pédalage je me trouvais ici :

P1000506.JPG ... P1000507.JPG

Le vélo naviguait sur la RC 4, il ne m'a pas dit s'il aimait mais en tout cas il souffrait de la chaleur lui aussi mais également de sa mécanique qui grinçait…Allait t'il pouvoir me transporter au bout ? Le transporté lui conservait ses fesses en marmelade attendant une bonne descente pour se relaxer. Des montées il y en avait beaucoup aussi et avec la chaleur certaine descente se montrait indispensable. A la chinoise et en compagnie d'amis de longue date y avait pas meilleur surtout que la descente était bien fraîche : vu ma casquette ! Pendant ce temps là le vélo m'attendait à l'ombre avec un copain moins sophistiqué :

...

Il y a toujours quelque vestige français sur cette route coloniale n°4, par exemple ce pont avant d'arriver à Dinh Lap. Il n'est plus utilisé, un autre a été construit à côté. Rappelons que Dinh Lap fut le dernier poste français à être abandonné après le désastre de la RC 4 et le lâche abandon de la garnison de Langson par le Colonel Constant en octobre 1950. Dinh Lap fut conservé jusqu'en décembre 1950, à l'arrivée du général De Lattre. D'ailleurs nous, nous arrivons :

...

Et c'est un bien car nous en avons ras les pédales et après tacite concertation nous avons décidé de desserrer les cales pieds ici pour prendre du repos et soigner les blessures.

Demain ce sera Langson où peut être je pourrais vous envoyer les nouvelles, sinon plus tard.

2O septembre 8 ème étape

Hier soir avant la tombée de la nuit j'ai musardé dans Dinh Lap : au marché et au pont d'où j'ai pu apercevoir ce pêcheur un peu particulier :

...

Ce jour, à l'aube, voilà des nouvelles fraîches !, j'ai pris la direction de Langson distant de 55 kms auxquels il faut rajouter une prime de dix sur une route défoncée comme à l'habitude. Ici c'est vraiment du VTT. Chemin faisant cahin caha, de ci de là, j'ai découvert encore un pont français entre Dinh Lap et Loc Binh, il s'agit du Cau Ta Hon que voici passant vraiment sur la RC 4 d'alors :

...

Et voici l'autre pont construit en parallèle avec le vélo. Au passage j'ai pu faire quelques photos insolites :

...

Un camion et pour signaler sa panne une bouteille de bière chinoise…mais vide. La même était placée à l'avant du véhicule pour respecter le règlement… Un troupeau de buffles réussissant à éviter un vélo éberlué « in extremis ». Le paysan a eu droit à mon salut.

Et bien mes amis, avec tout ça, cette chaleur…il fallait bien faire des haltes, avant d'arriver enfin à Langson et ne pas manquer de faire poser le vélo sur le pont d'époque française qui enjambe le Song Ki Cong.

. .

Voici sur cette pancarte ma route de ce jour et du précédent (flèche à droite). Demain je filerais sur Dong Dang et Na Cham :

..

En attendant j'ai envie de  prendre une bonne douche et me relaxer.

21 septembre 9ème étape il est 6h00 locale

Avant de partir pour Na Cham je vous transmets ces photos prise hier soir à Langson (photos Langson)

Je vais en direction de Na Cham, en fait actuellement le nom dit est Na Sam. J'en resterais à notre belle époque. Avant d'atteindre le « nid d'aigle » du célèbre capitaine Mattéi, il me faudra passer Dong Dang poste français resté célèbre car ce fut le dernier poste à décrocher avant la récupération des derniers survivants de la bataille de la RC 4 en octobre 1950. Je citerais entre autres le capitaine Jeanpierre du 1°BEP, le capitaine Mourier, le lieutenant Bellamy, le caporal chef Kergroach du 3°BCCP. Je ne peux les citer tous mais des colonnes Lepage et Charton ils furent à peu près une vingtaine à échapper au désastre alors que notre commandement hélas ! avait failli. On ne refait pas l'histoire mais je citerais néanmoins les derniers mots envoyés par radio par le capitaine Cazaux patron du 3°BCCP :  "Détruisez le matériel sensible, formez vous par petits groupes et rejoignez Dong Dang. Ceux qui y parviendrons doivent savoir que nous avons rempli notre mission et plus que notre mission"

Dong Dang j'y arrive en laissant à ma gauche la direction vers la route coloniale n° 3 allant à Thaî Nguyen. Puis pour Dong Dang il faut aller à gauche, la porte de Chine c'est tout droit :

P1000540.JPG ... P1000543.JPG

A Dong Dang il y a toujours une gare et ici le passage à niveau. Na Cham est encore à 15 kms :

...

Le vélo a envie de faire le plein, et son compagnon itou…, l'autre se marre…

...

Sur ces entrefaites je vais franchir le tunnel de Tha Lai que les anciens connaissent bien puis franchir cette borne qui annonce le fameux col de Lung Vai appelé aussi col des ananas mais nous en reparlerons dès demain en allant vers That Khe. Et tranquillement nous arrivons à Na cham où je n'ai pu situer exactement « le nid d'aigle » du capitaine Mattéi : disparu, volatilisé…

. .

 

22 septembre 10 ème étape

Avant de me lancer sur cette 10 ème étape je vous invite en cliquant à regarder ces photos de Na Cham prisent le 21 dans la soirée : (photos Na Cham). J'ai dîné ici chez des gens sympathiques :

P1000562.JPG . P1000561.JPG

A présent nous allons rouler avec la pluie vers That Khe. Il a fait un violent orage hier soir à Na Cham et aujourd'hui c'est la flotte et la boue. Le premier casse patte à franchir est le col de Lung Vai appelé aussi col des ananas. Au col se trouve une petite route qui mène à Bhi Nhi vers la Chine et où nous avions un poste tenu jusqu'en 1949. Voici le vélo au col de Lung Vai et les photos à obtenir en cliquant (photos col Lung Vai). Il y avait de nombreux postes français aux environs de Lung Vai…

lungvai1.JPG

La route mène ensuite à Deo Cat de sinistre mémoire. C'est ici que le 3°BCCP à été violemment accroché par un bouchon viet au niveau d'un fortin Galliéni et a dû se dégager en contournant le bouchon par les pentes Est au niveau de la RC 4 : ici exactement

deocat5.JPG

Voici les photos à obtenir, en cliquant, du secteur Deo Cat où je suis, avec le vélo, tombés sur un bouchon de camions : un vrai merdier ! (photos Deo Cat)

Ensuite nous avons traversé, à 5 kms de That Khe le pont qui enjambe le Song Ky Cong. C'est ce fameux pont, qui n'était pas dans l'état actuel car reconstruit, que les viets avait fait sauter dans la nuit du 8 au 9 octobre 1950. Un poste français en protection se trouvait sur les hauteurs Sud du pont ici exactement, où l'on peut actuellement distinguer une antenne au dessus des bananiers.

pont5.JPG Voici le pont actuel : pont2.JPG

Un pont provisoire avait été construit plus bas mais il n'est plus utilisé. Voici les photos à cliquer du secteur pont de That Khe, vous remarquerez sur les hauteurs Nord un mémorial viet de l'époque. Je l'ai visité en 2008 et les tombes sont de l'époque 1950. (photos pont et environs). J'arrive à That Khe. Je passe la nuit ici. La petite église est toujours là flanquée d'une construction récente et moderne :

P1000581.JPG . .

Demain ce sera Dong Khe, certainement avec la pluie, et à 15 kms du fameux col de Lung Phay dont nous reparlerons. Les anciens ne reconnaitraient plus That Khe : il y a à présent une large avenue à quatre voies que voici.

23 septembre 11 ème étape

Les anciens fêtent la Saint Michel à Bayonne. Bonne Saint Michel à tous ! Le vélo et moi quittons That Khe pour rejoindre Dong Khe avec la pluie. Cette étape est historique, ici sur la RC 4 s'est déroulée la bataille de Dong Khe qui s'est achevée avec la fin de sept magnifiques bataillons du corps expéditionnaire. En quelques jours les pertes ont été supérieures à la bataille de Dien Bien Phu.

Je ne vous raconterais pas la bataille : elle est à lire dans mon chapitre 1 "le grand Nord Est, de Langson à Caobang". Par contre dans cette 11 ème étape, avec un vélo, je vais vous situer certains lieux précis dont l'importance est gravée dans la mémoire des participants, s'ils sont encore de ce monde.

Avant d'arriver au pont Bascou (Bong Lau) comme l'appelle les vietnamiens, l'on peut apercevoir la fameuse cote 703 que le 3°BCCP a gravi le 8 octobre 1950 après avoir sauté sur That Khe, afin de recueillir les éléments des colonnes Lepage et Charton, du moins ce qu'il en restait à ce jour précis.

pontbascou6.JPG

Quelques centaines de mètres avant un pont Bascou qui n'existe plus, (des photos du pont existant encore et prise lors de ma balade à pieds en 2008 sont à voir dans mon chapitre1), se trouve un mémorial Viet. Les photos sont à cliquer ici (photos mémorial Viet) , à remarquer ce Bodoï tué le 10 octobre 195O. J'ai gravi ces marches car je suis curieux et laissé le vélo en contrebas.

memorialviet1.JPG

Je citerais, pour la vérité historique, le nom du pont qui a actuellement disparu : pont Bascou. A 20 kms de Dong Khe j'aperçois ce pont :

pontbascou1.JPG

Puis au niveau du pont, la piste montante à gauche empruntée par le 3°BCCP pour gravir 703 à la recherche du "groupement rose" (Cdt Bedault)  qu'il ne trouvera pas. Rappelons qu'au niveau du pont Bascou se trouvait un poste évacué dès le retour du bataillon Cazaux de la cote 703. Le poste de That Khe avait lui déjà été évacué : nous étions le 10 octobre 195O.

Dans la montée du col de Lung Phai, tout près du pont Bascou et à droite se trouve un emplacement mémoriel Viet avec plaque signalant un accrochage avec les français en 1947. Je vous invite à cliquer pour découvrir ces photos aux environs du pont Bong Lau et pour moi (photos pont Bascou) .

J'ai gravi Lung Phai sur le petit pignon et sous une pluie battante avant d'arriver à la source d'eau claire. Attention cette source était celle utilisée par les convois pour faire le plein des bidons, importance historique exceptionnelle, c'est pourquoi j'ai voulu m'y prendre en photos malgré la difficulté avec la pluie.

En vrac je vous livre les photos de la montée du col de Lung Phai et de ses environs : vous remarquerez les photos de la source d'eau claire, le passage au col avec le mémoriel Viet (photos col de Lung Phai) qu'il faut cliquer. Pour l'histoire encore il est bon de se rappeler que c'est sur les pentes du col de Lung Phai que le Commandant Segretain du 1°BEP a été inhumé, mortellement blessé dans la vallée de Quang Liet au pied des calcaires de Coc Xa.

Le vélo va descendre le col et emprunter lui aussi le boulevard de la 73/2 pour rejoindre la plaine de Na Pa et visionner le Na Kheo dans la brume. Mes amis, si vous n'êtes pas des anciens de ces hauts lieux et si vous n'avez pas tout compris en ce qui concerne les appellations je vous invite de nouveau à consulter mon chapitre 1. Ainsi, si vous êtes curieux vous serez fixé, cela en vaut la chandelle.

.

Celui là il arrive à Dong Khe en piteux état , et ce soir il dort avec moi au chaud :

. .

Ici il pleut toujours à flot et pourtant j'aimerais revoir l'emplacement de la citadelle, la faire visiter au vélo. Dans ma chambrette j'entends la pluie qui résonne sur la toiture de tôle, ainsi je serais bercé pendant la nuit.

Ah une petite accalmie, sans le vélo, je vais monter à l'emplacement de l'ancienne citadelle, tombée définitivement le I6 septembre 1950 après avoir été reprise aux viets en mai de la même année. Il y a soixante ans, comme le temps passe !

J'ai l'intention de faire revivre la belle époque et faire flotter nos trois couleurs . Ouvrez grand vos yeux et cliquez pour voir Dong Khe le drapeau (photo Dong Khe drapeau) . Remarquer, derrière un bâtiment l'on aperçoit le piton Nord ou piton Montmartre. Après ce forfait patriotique j'ai été voir le musée, m'y suis fait photographier, signant même le livre d'or sous l'œil sympathique des deux Bodoï qui se trouvaient là. Vous remarquerez sur les photos à cliquer les portraits des principaux protagonistes de la bataille de la RC 4 : Lepage et Charton. Egalement des armes françaises notamment un Mat 49, un chapeau de brousse, un casque explosé etc… (photos musee)

Adieu Dong Khe que ton héroïque mémoire reste gravée dans le cœur des anciens qui y étaient. Pour conclure cette bataille de la RC 4, le vélo me transportera demain à Caobang…

24 septembre 12 ème étape

Je suis à Caobang dans un hôtel où j'étais susceptible de pouvoir me connecter mais rien à faire. Il va vous falloir attendre pour les nouvelles : d'ailleurs je n'ai eu aucune connection depuis Langson alors vous aurez tout d'un bloc : Quand ?, mystère ! Je reste ici jusqu'à lundi 27 septembre matin jour de mon départ sur Nguyen Binh pour la 13 ème étape. Après ces pluies il me faut procéder à une sérieuse remise en condition : lavage du linge, soins des bobos, nettoyage complet du vélo et réparations (ici le vélo souffre, le dérailleur "caquette" suite à son voyage en soute d'avion et toute la mécanique en prend un sale coup à cause des pluies persistantes depuis plusieurs jours). Quant à moi je sens le bouc. Bref le moral est bon mais il y a quelques difficultés, mais je m'y attendais.

Ce matin pour rejoindre Caobang depuis Dong Khe il a fallu se payer le sévère col de Nguo Kim et j'ai été obligé de pousser. Voici le vélo au dit col. Et puis l'on a passé Nam Nang la plaie de Lepage, la bévue de Constant, la catastrophe annoncée pour Charton. Lisez mon chapitre 1 pour en connaître. Et après encore 15 kms nous sommes entrés dans Caobang :

. .

Nous verrons cela demain.

25-26 septembre (remise en condition Caobang)

Cette remise en condition pendant ces deux jours s'avérait nécessaire : prendre un peu de repos, laver mon linge (j'ai fait laver), mais surtout nettoyer le vélo, le huiler et graisser, le réparer. Il a beaucoup souffert à cause de la pluie et la boue, les voies défoncées semées d'ornières, le dérailleur et les câbles possèdent des points de faiblesse. J'espère qu'il tiendra sinon je m'adapterais : c'est l'aventure. En tout les cas le voilà bien propre avec son air de vietnamien converti de part la nécessité :

Je me suis un peu baladé dans la ville du Colonel Charton. Elle a beaucoup changé depuis 1950, de la citadelle imprenable il ne reste rien (vous savez pourquoi) mais elle est toujours baignée par le Song Bong Giang (photos Song Bong Giang) à cliquer. Sur l'une des photos l'on peut apercevoir mon hôtel Thanh Loan qui domine le marché et le Song Bong Giang. Demain très tôt je remets à contribution mon généreux vélo qui m'a déjà amené jusqu'ici sans encombre. Quitter Caobang vous amène à faire le bon choix dans les directions :

...

Une carte ne suffit pas, il faut souvent demander car ce n'est pas évident. Notre direction à prendre est celle de Nguyen Binh afin de rejoindre ensuite Baolac terme de la RC 4, donc finalement choisir Hanoï dans un premier temps.

Sachez qu'il pleut toujours, cela devient fastidieux, ennuyeux, déprimant…De surcroit il n'y a pas d'électricité car les coupures de courant au Vietnam sont monnaie courante. Alors que faire sinon rester dans sa chambre ? Ou alors quand les illuminations reviennent finalement dans la soirée, boire une bonne bière à la clarté des lampions, la casquette à portée de main pour éviter de l'oublier. Les nouvelles se feront rares d'ici là, toujours les problèmes de connections dans ces zones campagnardes non touristiques avec peu d'éclairage. Mais peut être ? En tout cas je ferais en sorte de rédiger chaque soir mes commentaires.

...

Santé !

Je ne pouvais tout de même pas quitter Caobang sans prendre quelques photos de l'église (photos de l'église) à cliquer. Combien de français de la belle époque sont-ils venus se recueillir ici ?

 

27 septembre 13 ème étape

Le vélo se doit de me conduire à Nguyen Binh, remplira t'il sa mission ? Ce sera difficile et pour moi itou. Mais bon sang pourquoi ai-je pris cette direction ?: à droite alors qu'une route pépère et docile m'acheminait tout droit sur Hanoï par la route coloniale 3…

P1000638.JPG

Ce fut un vrai calvaire et notre chemin de croix. L'important secteur de Nguyen Binh tenu entre 1947 et 1949 par le Capitaine Lagarde (ancien chef d'état major de l'armée de terre) n'était pas à "piquer des hannetons". C'est une région sauvage ardue et montagneuse plantée d'une jungle très dense à l'humidité suffocante. Les gens d'ici besogneux et très pauvres habitent dans des Ka nha précaires. Si des touristes ont l'audace, l'humeur et l'envie de passer par ici alors je bouffe "ci fait" ma casquette . En tout cas je me suis traité d'imbécile pour m'être fourvoyé dans ce merdier : de la boue et de l'eau partout. Il y en avait même dans les sacoches atteignant l'ordinateur heureusement sans gravité. Des norias de camions, d'engins de toute sorte, passaient et repassaient éclaboussant mes vêtements fraichement lavés de la veille. Quand au vélo tout beau et tout propre d'un dimanche à Caobang, il baignait dans la boue de Nguyen Binh encore à 18 kms :

P1000642.JPG . P1000646.JPG . soldatdelaboue5.JPG

Il était devenu, malgré lui un "soldat de la boue" : (photos du soldat de la boue)

Enfin nous sommes arrivés au terme de l'étape (5O kms de boue et de mauvaises surprises en tout genre pour une durée de 6h00 avec en final un nettoyage en règle à prévoir).

P1000653.JPG . P1000654.JPG . P1000649.JPG

Et puis j'ai médité longuement sur ce que j'allais faire demain en discutant avec des amis qui ne m'ont rien dit de bon sur l'état de la route vers Baolac.

P1000656.JPG . P1000657.JPG

J'ai trouvé un gîte et en fin de compte je réfléchis à ce que je vais faire demain : aller à Baolac comme prévu avec certainement la boue ou alors solution sage rejoindre la route d'Hanoï et passer par Bacan et Thaï Nguyen par la route coloniale 3. La nuit porte conseil, certainement l'état du vélo et son dérailleur déficient pèserons lourd dans ma décision. On verra demain…

Journées des 28 et 29 septembre - 14 ème étape Baolac 

Et bien finalement j'ai fini par aboutir à Baolac cheminement prévu initialement mais où je ne voulais plus aller. Je me suis planté avec une carte au 1/1750000 pas très exact en quittant Nguyen Binh, pensant rejoindre Tinh Tuc et ensuite Ngan Son puis Bac Can comme me l'indiquait la carte et bien que nenni. Je suis bien arrivé à Tinh Tuc… Qui était, c'est incroyable, la route de Baolac. Je n'allais pas tergiverser alors allons y !

P1000658.JPG . P1000661.JPG

Pour ce bled encore distant, quand même, de 65 kms alors que le vélo s'en était tapé déjà 30. Là j'allais faire l'étape la plus dure depuis mon départ. Mes amis nous étions au sein des hauts plateaux tonkinois pour faire connaissance avec le sévère pays Thaï. A notre arrivée, à la nuit, l'étape indiquait 96 kms au compteur et le vélo avait tenu ou presque. Les dénivelées montantes avoisinant les 12 pour cent furent féroces, peu de descentes sinon vers la fin, jamais de plat sinon des faux. J'étais "raplaplat" et le vélo couinait de partout. Ha Giang où j'allais finalement mettre les pieds s'annonçait à : c'est marqué sur la borne, de quoi donner du grain à moudre… En en descendant même deux pendant que mes genoux le sac et le vélo se reposaient : voilà pour nous consoler des montées infernales…

. .

Je vous montre les fabuleux paysages de cette étape (photos paysages) à cliquer.

Et pendant ce temps après avoir satisfait à une courte halte, nous passions enfin sous l'arche de triomphe de l'arrivée de cette 14 ème étape : Baolac lieu que je voulais éviter.

.

Et après une nuit très courte une nouvelle journée s'annonçait.

29 septembre - 15 ème étape Bao Lam :

Bao Lam tiens voilà le nom d'une bourgade qui n'est pas indiquée sur ma carte ! C'est pourtant là que je vais me poser en ne faisant aujourd'hui que 45 kms. La journée s'annonce bien il fait beau avec la chaleur mais je préfère cela à la pluie. Je fais mes adieux à Baolac en prenant la direction d' Ha Giang qui ne se trouve finalement plus qu'à 121 kms : Il ya de l'espoir !, mais j'attendrais un peu pour franchir l'arche d'accueil. Le paysage est magnifique et nous allons suivre les méandres du Song Gâm qui coule paisiblement en contrebas.

. .

Chemin faisant je fais quelque halte pour "tailler la bavette" avec les gens d'ici : ce sont des Thaï. Et comme prévu l'arche de Bao Lam nous ouvre les bras.

. .

Cette étape fut courte, pas trop de dénivelée et pas de pluie. Je me suis aperçu avec horreur que les câbles du vélo (freins, vitesses) rouillaient dans leur gaine d'où les blocages : les pluies, la boue et l'humidité ambiantes en sont la raison. Je ne cache pas mon angoisse mais je n'ai pas de solution : il faudrait tout changer… Alors c'est à suivre…

Journées du 30 septembre - 16 ème étape Bac Me

Après avoir pour la nième  fois huilé et graissé le vélo je quitte Bao Lam à 7h00. Le rituel est toujours le même, sac au dos, sacoches accrochées à l'arrière et sur le guidon, je me mets en selle et j'actionne le pédalier tout doucement pour déjà éviter un saut de chaîne. Ce dérailleur n'en fini pas de me créer des problèmes à ajouter à ceux des câbles qui s'oxydent dans les gaines : pourvu que cela dure encore un peu jusqu'à quand ?

Je prends évidemment la direction d'Ha Giang après avoir consulté la carte car ici aucune pancarte, aucune indication. IL vaut mieux ne pas trop demander car à Baolac l'on m'expédiait dans une direction opposée. Ici je dois suivre scrupuleusement rive gauche le fil de la rivière Sông Gâm. Il faut toujours se méfier car la carte n'est pas toujours exacte, les viets sont roublards parfois enclin à monnayer leur renseignement et là, personne ne parle le français ni l'anglais.Ce n'est pas un coin pour les touristes, tout doit se faire à la démerde en pesant le pour et le contre mais c'est une sorte d'aventure, il faut aimer…

Je m'arrête en regardant cette borne :

Ha Giang est encore loin, je n'irais pas jusque là mais vers un village à mi distance qui est indiqué sur ma carte : c'est Bac Me comme indiqué sur cette borne juchée au faîte d'un col dont le pourcentage m'a laissé baignant dans ma sueur avec les guibolles tremblantes. C'était donc décidé je n'irais pas plus loin que ce Bac Me encore distant de 14 kms fort pentus.

D'ici là je passe dans un village thaï, non marqué sur ma carte, dont le nom est Yen Fû. C'est une bourgade de quelques âmes qui ma donné envie d'étancher une petite soif. En face de moi des joyeux lurons "cassaient une graine" en descendant quelques rasades de choum, breuvage du cru propre à vous terrasser un cheval. J'ai donc sagement refusé l'invitation à me mêler à leur libation à 9h30 du mat… Le vélo attendait !

. .

Que je quitte les lieux pour en fin de compte atteindre Bac Me, c'était suffisant pour aujourd'hui. Le village est traversé par une seule et large route. Ici j'ai trouvé un pied à terre proposé 200000 vnd que j'ai négocié d'autorité à 120000 vnd : je n'étais ni touriste ni Américain, seulement un misérable "Phap" qui trainait pudiquement une défroque "dégueu", "ni ôtô, ni môtô" car pas "moyen avoir payé".

. .

Ici la charmante demoiselle des lieux donnait à manger à de jeunes chiots sans s'occuper de moi, pas très propre, sans intérêt et misérable "Phap". Après avoir cassé une croûte et passé au jet mon vélo, je me suis tapé une sieste dans ma chambrette. Et avant de rédiger les commentaires du jour que vous recevrez plus tard lorsqu'il sera possible de me connecter : Bac Me n'est pas St Martin de Seignanx .

. .

Avec le sourire…attendons la 17 ème étape qui me mènera j'espère à Ha Giang sans l'effacer.

1°octobre - 17 ème étape Ha Giang

Je quitte Bac Me pour me propulser en danseuse à Ha Giang distant d'une soixantaine de kms et vous allez voir ce ne sont pas des étapes du tour de France… Au bout d'1 km première surprise, la danse est stoppée tout net. A ce rythme là tout va doucement, avec ce revêtement ci ce n'est guère roulant et ça n'arrange pas un vélo déjà mal en point qui saute sur le plateau intermédiaire, j'utilise donc le petit. Au bout d'un moment tout monte d'un coup, aucun répit.

. .

Et puis une deuxième surprise :de la boue partout, il est inutile de bichonner le vélo la veille, il faut tout reprendre le lendemain et c'est épuisant. Enfin je m'approche d'Ha Giang, c'est à gauche et il me reste 33 kms qui s'avèreront une éternité :

.

Heureusement il y a de belles photos à prendre sur la route (photos route Ha Giang) à cliquer. Il y a aussi les instants où les rencontres sympathiques sont propre à mettre du baume au cœur (photo rencontres) . Le vélo apprécie aussi. Il ne va pas apprécier cette troisième surprise et moi itou : C'en est trop, là il n'y a carrément plus de route, mais nous allons malgré tout passer pour arriver dans un état lamentable à Ha Giang.

 

.

A cette heure dans un gîte, difficile à trouver, je médite : le vélo a de nombreux problèmes, je n'ai plus rien de propres et il me faudrait de la monnaie locale que je ne peux me procurer qu'à Hanoï (pas de banque crédible dans ces endroits non touristiques). Alors je suppute et me dis qu'une descente sur Hanoï via Tuyen Quang, Viet Tri et Vinh Yen ne serait peut être pas une mauvaise idée. Je réfléchis mais Hanoï est encore fort loin et d'ici là il peut se passer des tas de choses…C'est fou ce que les méninges travaillent dans cette activité cyclo, soi-disant touriste, de fou à lier.

Avant de vous quitter car je suis fatigué et au bord de l'explosion…voici quelques photos d'Ha Giang ville importante, baignée par le Sông Lô, que je n'ai pas trouvé très accueillante (photos Ha Giang ) à cliquer.

Journée du 2 octobre, étape 18 - Bâc Quang

Je quitte Ha Giang pour me trouver directement dans la direction de Tuyen Quang et en fin de compte Hanoï, flèche à gauche, que je présume encore à plus de 300 kms. :

...

A ce stade je suis à 155 kms de Tuyen Quang. C'est difinitif le plateau intermédiaire du vélo avec ses dents usées n'accroche plus à la chaine. Il est devenu inutilisable, seuls les grands et petits plateaux peuvent faire avancer la machine. C'est un miracle, je n'y crois pas : la route est plate avec un bon revêtement et je pédale dans l'allégresse. Pour la première fois depuis mon départ j'utilise le grand plateau qui tourne comme dans du beurre et je m'en viens à appréhender les bosses si elles se présentent. Et bien il y en a eu quelques unes et descendre brusquement sur le petit est épuisant. Repasser du petit au gros n'est pas une sinécure. Je n'ai pas encore pris de décision définitive mais tout laisse à supposer que je vais ramener le vélo à Hanoï. Pour faire quoi ? me direz vous… Et bien c'est tout simple j'aviserais en temps opportun.

Aujourd'hui pas de pluie il fait très chaud et là je suis trempé de sueur. C'est éprouvant et les haltes s'imposent avec le sourire et font oublier les avatars, afin d'admirer, de jauger et d'apprécier avec sagesse et élégance.

. .

Allez je meurs d'envie de me coiffer du képi blanc ! En aurai-je la volonté et la forme, le vélo m'aidera t'il ? Vous le saurez peut être demain, à Tuyen Quang, encore distant de 95 kms…

Il faisait beau il y a peu. Je viens de mettre le nez dehors, le vent vient de se lever, il pleut des cordes vietnamiennes mais…le vélo est à l'abri.

3 octobre, étape 19 - Tuyen Quang

Vous avez bien vu la borne alors située à Bac Quang et bien je m'apprête à me coiffer du képi blanc et le vélo du Tonkin à illustrer sa cocarde…

Avec seulement 2 plateaux valides, le plus important étant HS, nous allons investir, comme à la belle époque, et vous offrir Tuyen Quang sur le plateau de la reconquête à l'issue d'une étape de 95 kms.

Mais avant d'en arriver là le vélo vous offre les photos de sa balade (balade du vélo) à cliquer.

Comme toujours nous rencontrons des gens sympathiques. Celui-ci regarde le vélo avec insistance alors que je vais me délecter d'une bière légère agrémentée d'un "snack Bi Do" histoire de me sustenter. A l'aide de force gestes, apprenant d'où je viens, joignant le geste à la parole Viet, il me signale que je suis à mon âge "fêlé de la cafetière" :

..

Et sur ces entrefaites il s'en va fumer sa pipe pour laisser échapper de larges volutes de fumée qui soulignent élégamment son regard jovial.

...

Tuyen Quang est une ville excentrée par rapport à la direction à suivre pour Hanoï. Avant d'y entrer je papote avec la gente féminine ici présente. Le vélo n'est pas loin et mon désaltérant non plus, alors j'ose profiter de ces moments agréables pour me présenter…:

.. ..

Et l'intérêt est indéniable…

Bon c'est définitif demain je poursuis sur Hanoï, j'ai plein d'idées en tête mais auparavant nous avons besoin d'une cure de remise en forme.

La suite ne manquera pas de saveur…

4 Octobre étape 20 - Viet Tri-

Hier soir à Tuyen Quang en cours de repas j'ai eu l'occasion de boire quelques verres de choum. J'ai obtempéré à l'insistance de mes invités et n'ai pas pu faire moins que trinquer une dernière fois de manière à pouvoir stopper des libations qui menaçaient de s'éterniser. L'étape du jour, 75kms, s'achève à Viet Tri :

...

Rappelons que c'est à Viet Tri que furent libérés en octobre 1954 la plupart des prisonniers français (beaucoup y sont restés) consécutivement à la signature des accords de Genève mettant fin à la guerre d'Indochine. Les Colonels Lepage et Charton entre autres faisaient parti de cette libération, ils étaient restés 4 longues années dans les geôles de l'oncle Ho…

Demain je serais probablement à une journée d'Hanoï, à la suite d'un programme modifié suite aux avaries du vélo.

voir le chapitre suivant : l'attente à hanoï

*****************

retour à la première page