UN VELO AUTOUR D'UN MONDE, AU BOUT DU MONDE

PAR GUY PASSELANDE

AFIN DE RENDRE HOMMAGE A DES ANCIENS QUI LE VALENT BIEN

Le vélo sur la route de l'Indo de nos anciens, au fil des heures, des jours, des mois.

 

HANOÏ l'attente - 1° et 2 ème jour

Je suis à Hanoï depuis le 5 octobre jour où j'ai quitté Viet Tri pour une 21 ème étape de 90 kms en passant par Vinh Yen et Phuc Yen.

La veille au soir je tire une dernière bordée à Viet Tri ne sachant pas ce qui m'attend les jours suivants : l'art de la communication en quelques photos à cliquer (photos communication) . J'entre bientôt dans Vinh Yen (photos Vinh Yen) et je quitte Vinh Yen avec la bénédiction de l'oncle Ho.

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Je passe Phuc Yen, pour entrer enfin dans Hanoï avec le câble du frein arrière cassé et dans la cohue des deux roues, il ne fut pas facile de trouver les bonnes avenues pour arriver à destination… n'arrivant plus à me freiner.

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Aujourd'hui 6 octobre, Je suis dans une période d'attente suite aux avaries du vélo (plateau intermédiaire HS, plus de freinage arrière). La première chose à faire a été de faire un grand nettoyage. Demain je serais en mesure de vous donner quelques nouvelles… En attendant admirez le petit lac ! Ici c'est la fête, le 1000 ème anniversaire d'Hanoï (1O octobre 2010).

3 ème jour

Aujourd'hui 7 octobre, la fête du 10 se prépare, les administrations ne travaillent pas mais le monde vietnamien grouille et les prix ont doublés ce qui n'arrange pas mon maigre budget.

D'autre part je n'ai pas pu trouver un plateau de 32 dents pour remplacer le mien. Ici l'on vend des vélos sans en assurer la maintenance et la mécanique est différente. Il n'y a pas les pièces identiques pour réparer. Il faudrait trouver la bonne pièce et la faire placer par le réparateur éventuel d'une boutique locale ça fait beaucoup… Mais une bonne chose tout de même j'ai réussi à rafistoler le câble de mon frein arrière en bricolant avec les moyens du bord et cela à l'air de tenir. Bref je peux rouler sur le grand et le petit plateau mais il faut que le terrain ne soit pas trop pentu si je ne veux pas trop pousser et m'arquebouter en montant la machine et son chargement. C'est à mon avis jouable pour rejoindre au Sud le delta du Mékong mais peu raisonnable pour continuer dans le Nord-est. Après avoir faire nettoyer le vélo je me suis aperçu que la rouille avait attaqué certains éléments : potence, ensemble du câblage de la transmission, fourche, et même la pompe foutue, inutilisable, mais que j'ai pu remplacer en achetant une pompe du cru en conservant le raccord de mon ancienne (les valves ne sont pas les mêmes). Pour l'instant je bataille avec la graisse et l'huile pour remettre de l'ordre dans tout ça.

Je me refuse de faire l'achat d'un Vtt vietnamien alors j'ai décidé :

•  Lundi 11 octobre de procéder à une extension du visa de 3 mois supplémentaires. Attendre 6 jours pour récupérer mon passeport.

•  Laisser le vélo à Hanoï avec quelques bagages superflus.

•  Prendre un train avec un bagage allégé pour Lao Cay puis un bus pour Sapa. De Sapa voir s'il m'est possible de rejoindre Tu Le puis Nga Lo ou bien directement Dien Bien Phu via Laïchau à pied et en indépendant avant de revenir sur Hanoï via Son La et Hoa Binh pour récupérer le vélo qui à ce jour a tout de même effectué, dans des conditions dantesques, plus de 1500 kms avec la totalité de la route coloniale 4, en compagnie de son vieux pilote.

•  Descendre sur Saïgon avec le vélo, après on verra.

Pendant toute cette période d'attente à Hanoï, je prendrais soin de vous parler de "l'air du temps".

4 ème et 5 ème jour

Les jours passent lentement et parler de "l'air du temps" c'est aussi se remémorer le passé. Aujourd'hui 9 octobre, fête du millénaire, les vétérans paradent et arborent leurs médailles :

Celui-ci je l'ai rencontré, l'ai photographié et il m'en a remercié lorsque je lui ai montré cette photo. Lorsque je l'ai gratifié de son français impeccable il m'a dit "merci" et ajouté "je m'en souviens encore  et ce don d'héritage restera gravé dans ma mémoire". Il m'a serré la main et me suis aperçu qu'à une de ses médailles côté gauche était porté l'inscription 195O.

Un siècle d'histoire c'est aussi parler d'un Hanoï à la française et du fameux pont Doumer. Unique pont de 1682 m, jusqu'aux années 1980, permettant de traverser le fleuve rouge il a été construit par les français de 1899 à 1902 par l'entreprise de construction métallique parisienne Daydé et Pillé selon les plans de Gustave Eiffel. Il fut inauguré en 1902 par Paul Doumer alors gouverneur de l'Indochine. S'il est encore debout cela tient du miracle. Il fut la cible des bombardements américains dès 1967. Pas moins de 175 attaques en 1 an.

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Un des descendants de Paul Doumer a proposé au gouvernement vietnamien de restaurer le pont, à condition qu'il soit rebaptisé du nom de son ancêtre prestigieux. Le gouvernement a refusé son offre.

Voici en cliquant les photos du pont Doumer : Il a perdu beaucoup de solidité mais les trains passent toujours jusqu'à quand tiendra t'il ? (photos Doumer) .

Regardez également les photos de la gare Paul Doumer aujourd'hui appelé gare Long Biên. (photos gare)

 

Hanoï 6 ème jour

Aujourd'hui 10 octobre 2010 jour du millénaire. Je m'éternise à Hanoï en profitant du temps pour afficher un air de fête. Je vous montre cela en vous obligeant à cliquer juste pour voir (photo air de fête) . Admirez aussi le petit lac fleuri du millénaire : (photos lac)

P1000838.JPG . P1000847.JPG .

Avant de quitter Hanoï je m'attacherais à vous présenter un épisode supplémentaire de "l'air du temps".

Dès lundi 11 je m'occupe de l'extension de mon visa ensuite je pars à pieds dans le Nord-ouest et à mon retour une nouvelle mission sera donnée au vélo que je bichonne en attendant.

 

15 octobre

Je m'éternise à Hanoï tout simplement parce "j'aime Hanoï" . Ma balade du matin c'est de faire le tour du petit lac. Je vous l'ai montré fleuri, je vous le fait admirer la nuit. (photos lac la nuit) à cliquer.

P1000848.JPG .

Après le tour du petit lac je ne manque pas de passer devant le grand marché Dong Xuan là où est tombé le cousin Jean Passelande en décembre 1946, un instant je m'arrête pour lui rendre hommage. Construit par les français, évidemment, ce marché représente le Hanoï éternel, immuable. A l'intérieur le spectacle est étonnant. On trouve un tas de petites boutiques de vêtements et de chinoiseries en tout genre. Dire que le quartier autour et l'intérieur sont animés se révèle un euphémisme. (photos marché) Dong Xuan à cliquer.

Ensuite je fais le tour du pont Doumer en passant rive gauche et rive droite du fleuve rouge. Cela représente la distance de 4 kms, ce qui permet de se faire une idée des activités aux abords du fleuve rouge (photos fleuve rouge) et ses activités à cliquer.

Voilà mes amis : c'était un nouvel épisode de "l'air du temps" à Hanoï que je quitterais lundi 18 dans la soirée pour allez déguster un "Sapa wine".

 

17 octobre

Ici Hanoï je vous reçois tous fort et clair…quoi ! : "vous êtes dans la merde !" alors je prie pour que Martine vienne vous sauver mais là vous allez tomber dedans…

Ce matin j'ai assisté à la messe française à la cathédrale Saint Joseph d'Hanoï et je n'ai pas prié pour Martine mais pour nos anciens d'Indo dont certains dorment encore dans le secteur. Superbe office chanté par des prêtes et enfants vietnamiens dans un français impeccable. J'ai aussi prié pour vous et vos familles mais aussi pour que la France se ressaisisse… ???!!!

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Demain 18 octobre je pars pour Sapa (Chapa en français) et là bas je prendrais un moment pour vous parler de cette ancienne station climatique française dans ce qui était notre Indochine.

En attendant je vous livre en photos à cliquer quelques curiosités que j'ai trouvées à Hanoï : (photos curiosités)

Vous remarquerez une statue bizarre qui existe encore ici et peut être ailleurs comme le PCF chez nous, un palais où dort pour l'éternité un vieil ami à nous…, la tour d'Hanoï où notre drapeau à fièrement flotté, la résidence du gouverneur de l'Indochine et ce qu'elle est devenue, les abords du palais et enfin la pagode au pilier unique maintenant en béton. Du temps des français il était en bois, alors devinez pourquoi il ne l'est plus ? Les anciens savent cela.

 

19 octobre - SAPA

Ici Sapa ou Chapa station climatique ouverte par les français après avoir été un site militaire dès 1915 (sanatorium et station météorologique). Quelques villas coloniales témoignent encore de cette époque.

Allo Chapa ! je suis dans le brouillard et n'y vois plus très clair me voyez vous ? :

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Là je vous entends mieux, sans le vélo mis en repos forcé, je suis ce 19 octobre dans un petit hôtel coquet et fais semblant de me prélasser dans une chambrette sympa négociée à 6 euros, vive ma retraite encore versée pour me payer peut-être un nouveau vélo s'il reste des sous ! Ici c'est merveilleux malgré la pluie et la fraicheur, d'ailleurs voyez vous j'ai commencé à me vêtir chaudement. Ici j'ai la télé avec chaîne française, la Wifi, c'est le pied et le bordel chez vous : je compatis. De ma chambre, grand balcon avec vue fleurie sur la montagne, je me régale sans omettre de vous faire profiter de ces photos à cliquer : (photos balcon)

Ici Chapa et son église française (photos église) à cliquer. A l'extérieur dans le presbytère on découvre les deux pierres tombales du dernier curé de la ville et de son évêque (photos des tombes) à cliquer. Ces pierres tombales sont nouvelles (voir les anciennes dans mon chapitre 2 concernant Sapa). C'est sur le parvis de l'église que les jeunes garçons des minorités ethniques venaient autrefois courtiser les jeunes filles. L'approche amoureuse se faisant très lentement, cela prenait parfois quelques semaines. Aujourd'hui, avec le téléphone portable et les sites de rencontre sur internet, cette mignonne tradition du "marché de l'amour" a fait long feu.

Avant de découvrir les modifications apportées par notre vieil ami on ne peut pas échapper à la vision de ce monument d'époque française. Seulement voilà il y a une modification non visible en 2008 (voir la photo de ce monument dans mon chapitre 2 concernant Sapa). Bien qu'il dorme d'un sommeil éternel c'est "HO KI" et ainsi mon numérique vous fait apparaitre magistralement cette plaque :

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Probablement, après le désastre de la RC 4 nous ne contrôlions plus totalement l'ensemble du pays Thaï en ce 3 novembre 195O.

D'ailleurs un autre monument est en bonne place (j'ai vu sa construction en 2008). Je vous le présente en photos à cliquer (photos monument) . Remarquez sur la plaque la référence du coup de force d'Hanoï le 19 novembre 1946. Je vous laisse analyser certain détail par exemple le groupe d'enfants qui brandit le drapeau vietnamien, probablement le 3 novembre 1950…

Et voici l'école de Sapa toute proche du monument :

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Et bien moi tout cela m'a donné une petite soif. C'est du "Dalat wine" et ça se laisse déguster, encore un monument mais français celui là, comme le Bordeaux…

2O et 21 octobre, les splendeurs de Chapa.

Chapa est le nom français de cet endroit splendide où il fait frais d'où son appellation station climatique datant de 1926. Sapa est maintenant un beau village d'altitude envahi par les touristes, dominé par la chaîne montagneuse des Hoang Lien Son (point culminant Fansipan 3143 m voir mon chapitre 2 pour apprécier avec moi cette ascension du toit de l'Indochine en décembre 2008). Aujourd'hui 2O octobre c'est une période creuse il y a pas trop de "toutous" et je ne m'en plains pas.

Ce matin il fait frais, il y a du soleil et au fil des heures la douceur s'installe j'ai décidé de partir en balade et vous en faire profiter en photos. Voici les plus belles photos de paysages à cliquer (photos paysages) . Tout au long de cette rando somptueuse j'ai remarqué quelques curiosités intéressantes à cliquer (photos curiosités) .

Le sentier est aménagé il mène au village hmong de Cat Cat  et descend jusqu'à la rivière Mu'ong Hoa (chute d'eau),

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où se trouve toujours l'usine hydroélectrique construite par les français et reconvertie en salle de spectacles folkloriques (photos usine) à cliquer tout en admirant les bambous "géantissimes" autour des chutes et en remarquant une ancienne installation avec système de filtre et de vanne spécifique à l'usine française.

Après le pont suspendu sur la rivière, le sentier remonte sur le versant opposé pour trouver un autre pont qui rejoint une petite route montante permettant de rejoindre Sapa :

Si vous venez à Chapa amis français, ne passez pas votre chemin et venez découvrir cette randonnée sympa avant d'allez déguster une bonne bière du pays…, après ce modeste effort.

Allo la France d'aujourd'hui ! En cette période de la francophonie, vous avez le bonjour d'un certain Alfred qui vous présente de son au-delà le "french spirit" cette chose dont les anglo-saxons sont ignorants. Il s'agit d'un certain romantisme à la Musset que j'ai voulu recréer à Chapa ancien village français de la belle époque. Esseulé en cette soirée du 20 octobre, un français a eu la géniale idée de recréer ici l'esprit de ce beau pays qu'il ne voudrait pas voir sombrer dans une bêtise de mauvais ton (photos esprit français) à cliquer. Vous y découvrirez le verre de vin, la rose, la flamme d'une bougie, le repas et de charmantes personnes pour agrémenter le tout. Le bonheur là où l'on se trouve peut se réaliser avec peu de chose… : il est ici dans le pré préféré de son choix.

Ici Sapa, je suis avec vous ce 21 octobre alors ensemble et avec ami de rencontre partons faire l'ascension du mont Ham Rông altitude 18OO m. C'est une petite montagne dominant la ville et dont la partie basse a été transformée en parc public. Le sentier est aménagé et les abords sont abondamment fleuris.

Pour y accéder il faut monter cet escalier et passer sous une arche avant de prendre un ticket d'accès.

Enfin il faut suivre cette flèche de bienvenue. C'est ici que j'ai rencontré un ami qui chose rare parlait parfaitement le français. Ici à Sapa tout le monde parle l'anglais et cela en devient vite agaçant. Les anglo-saxons ont confisqué notre beau langage obligeant Molière à se retourner dans sa tombe, Shakespeare peut dormir tranquille sans bouger dans la sienne il n'a plus beaucoup d'efforts à faire. Le mondialisme a fini par tuer la francophonie. Cet ami étonnant je me le suis baptisé "super mec" parce qu'il semblait connaître ici, un peu mieux que certains, l'histoire de l'Indochine française et c'est pour cela qu'il s'y baladait actuellement pour se ressourcer lui aussi. Ce personnage étonnant permettez moi de vous le présenter en photos à cliquer, vous allez être surpris avantageusement : (photos du super mec) .

Pour arriver au sommet du mont Ham Rông il a fallu monter et descendre parfois des milliers de marches installées sur un sentier redressé. Le point d'accès se situait à droite ici, tout en haut, au niveau de ce qui ressemblait à un parasol vu du bas.

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Mon ami a fait de nombreuses photos, vous pouvez l'en remercier dans un cliquetis d'applaudissement, elles apparaîtront sans sorcellerie aucune : (photos Ham Rông) .

Pressé de se désaltérer mon ami quitte Ham Rông en repassant sous l'arche de bienvenue mais se refusant de comprendre la langue ainsi écrite il ne sait pas s'il reviendra de nouveau. Et vive la francophonie ! Reconnaître quelqu'un chez mon ami ne serait que l'illusion engendrée par votre subconscient.

Je pars samedi matin 23 pour Dien Bien Phu mais en attendant demain 22 mon ami vous invite à une autre ballade dans le secteur. Maintenant que vous le connaissez vous apprécierez mieux ses dons de super guide…

 

Dernier jour à Sapa (22 octobre)

L'administration vietnamienne s'est efforcée de redonner un cachet à cette ville et a notamment aménagé un petit lac artificiel. J'ai pris des photos de ce lac à mon arrivée le 19 octobre avec le crachin et la brume et cela donne un lac très coquet : (photos lac) . Le marché du village est à visiter : (photos marché) .

Mon but aujourd'hui est de vous prendre la main et de vous guider jusqu'au village de Sin Chai à quelques kms de Sapa. Vous allez pouvoir visualiser de somptueux paysages, faire connaissance avec les ethnies, les activités locales et les animaux qui gambadent aux abords des villages et dans les rizières alentours.

Endroit éminemment touristique les environs de Sapa avec leurs rizières en terrasses qui remplacent la culture du pavot depuis 1986, leurs villages ethniques et leurs magnifiques extraits de vie à la campagne, offrent de nombreuses possibilités de randonnées.

Suivez le guide et cocorico ! : en photos à cliquer (photos cocorico) . Chose curieuse je n'ai rencontré aucun "toutou" dans cet endroit finalement très reposant si ce n'est un splendide coq au cocorico bien gaulois : merveilleux !

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Et puis de- ci, de- là, cahin-caha, je m'en suis mis « plein les mirettes » en m'appropriant d'un regard circulaire et gourmand l'ensemble de ces paysages tonkinois situés au centre du pays dit Thaï. Les anciens malgré des circonstances peu enviables ont dû aimer ces beautés qu'ils n'avaient pas toujours le temps d'apprécier : en avant vers Sin Chai (photos Go Sin Chai) .

La faune de Sin Chai est essentiellement domestique, outre le coq français il ya aussi les cochons et les buffles qui se vautre dans les rizières : (photos faune)

Et puis l'on arrive à Sin Chai pour faire connaissance avec les ethnies, leur habitat, leurs activités :

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La plupart des ethnies de la région viennent vendre leurs produits à Sapa. Les H'mong Noirs, majoritaires, sont reconnaissables à leurs bandes molletières qui leurs font un genre de guêtres et à leurs turbans bleus. Aux oreilles, les femmes portent de ravissantes boucles d'argent. Les hommes semblent sortir du "Lotus bleu" de Tintin avec leur crâne rasé et leur calotte à la Chinoise : en voici un à droite et chose curieuse il ressemble à l'oncle Ho, moi je préfère le charme féminin c'est bien normal (photos ethnies) à cliquer.

Outre la broderie pour les femmes les activités des H'mong adultes et enfants sont multiples, en voici certaines : (photos activités) . Quant à l'habitat il faut voir les photos à cliquer (photos habitat) .

En musardant dans Sapa j'ai pu assister à une cérémonie funéraire voici les photos à cliquer : (photos cérémonie) c'est à la fois joyeux et triste, un ensemble poignant et chamarré agrémenté par le martèlement de tambour flute et cymbale dans une cacophonie de tradition qui donne finalement un air festif à cette cérémonie mortuaire.

Mes amis je pars demain vers ce lieu tragique où nos anciens se sont battus pour la liberté : Rendez vous à Dien Bien Phu !

 

DIEN BIEN PHU - 23 octobre

Ici Dien Bien Phu où je suis depuis le 23 octobre dans la soirée. Je vais séjourner dans ce haut lieu historique jusqu'au 27 Octobre inclus. Des photos récentes datant de 2008 et d'époque concernant la bataille peuvent être consultées dans mon chapitre 2.

Avant l'offensive Viet du 13 Mars 1954 la situation du camp retranché situé dans une cuvette mythique, entrée violemment et pathétiquement dans l'histoire, de 6-8 kms par 18 kms, était ainsi que l'explique ce plan orienté Nord-sud:

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Le camp est enchassé entre la RP 41 (aujord'hui AH 13) menant à Tuan Giao à l'Est et la piste Pavie menant à Laïchau à l'Ouest . Les positions françaises baptisées de prénoms féminins sont celles indiquées sur le plan ci-dessus. Le croquis ci-dessous parachève la situation :

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La position Isabelle avec un aérodrome secondaire se trouve plus au sud à 6 kms vers la frontière du Laos, Tray Trang située à 36 kms, comme l'indique cette borne située à proximité du pont Bailey, qui enjambe la rivière Nam Youn, et du PC du groupement opérationnel du Nord-ouest (GONO).

MEMORIAL

Le 24 octobre ma première activité a été d'aller au mémorial français : c'est le monument du souvenir des Officiers, Sous-Officiers et Soldats de l'Armée française. Il a été érigé par un ancien légionnaire, Rolf Rodel, le 7 Mai 1994 lors du 40 ème anniversaie de la bataille. C'est le seul monument aux morts français en Indochine érigé au Vietnam. Endroit simple et émouvant où des anonymes, des anciens combattants et leurs famille viennent régulièrement déposer des fleurs et brûler des baguettes d'encens. Je me suis recueilli ici pour la seconde fois (la dernière en 2008), brûlé aussi des baguettes d'encens et signé le livret présenté par la personne accueillante qui entretien ces lieux. En cliquant vous pouvez voir les photos de ma présence ici (photos mémorial) .

CLAUDINE

Dans ce secteur se trouve le QG du général de Castrie (PC GONO). Il a été reconstitié au même emplacement presque à l'identique : (photo PC Gono) à cliquer.

Comme l'indique le plan la position baptisée Claudine se trouve dans un secteur envahi maintenant par les caféiers.

-Photos "emplacement position" à cliquer : (Claudine)

-Dans les environs se trouve une position d'artillerie, quelques vestiges de chars Chaffee 24, : (Artillerie Claudine)-(Chars Chaffee)-(position 8°BPC) tout cela rassemblé dans des séries de photos qui s'ouvriront en cliquant. En ce qui concerne la position d'artillerie on trouve un canon de 155 dans son alvéole détruit au déclenchement de la bataille le 13 Mars 1954 à 17h10 (cette précision est indiquée) et 3 canons de 105 US M2 A1 modèles respectifs (1943-1944-1945) détruits le 23 Avril 1954. Pour les chars Chaffee 24 ils étaient au nombre de 9, escadron commandé par le capitaine Hervouet, personnage exceptionnel, mort misérablement d'épuisement sur les pistes de la captivité. De ces chars je n'en ai retrouvé que 5 : chars Conti et Ettlingen non loin du pont Bailey, char Douaumont un peu plus loin vers l'entrée de la piste aérodrome, char sans nom vraisemblablement vers la position du 8°BPC (voir plan et photos). Pour trouver ce dernier j'ai beaucoup galéré (bonjour mon dos !) et me suis fait courser par des chiens, invectiver par les locaux qui se sont calmés avec le sourire lorsque je me suis présenté comme étant français, "imprévisible ces français !" oui mais costaud… : bref j'ai eu ma photo du char avec la stèle à proximité pour me récompenser de ma tenacité. Enfin le char Bazeilles se trouve sur la position Eliane 2 où je lui ai rendu un hommage somptueux et à ma façon pour "qu'au nom de Dieu vive la coloniale !" encore et toujours (à voir plus loin en photo).

ELIANE 1et 2

Pour rejoindre les positions Eliane (E1, E2 sur le plan) il faut avec moi d'abord franchir le pont Bailey qui enjambe la rivière Nam Youn ci-dessous : (photos pont Bailey) à cliquer.

Un réseau de tranchées depuis le PC GONO permettait alors de rejoindre les positions E1 et E2. A présent, dès le pont franchi, on emprunte la rue Be Van Dan qui traverse le marché. Sur la gauche dans un terrain vague et cloturé se trouve une stèle indiquant une position d'artillerie du Colonel Piroth : (photos stèle) à cliquer. La rue Be Van Dan rejoint la RP 41 (AH 13) entre les positions E1 et E2 :

Dans un premier temps le mieux est de rejoindre E1 plus au nord par rapport à E2 en empruntant cette rue montante pour rejoindre une patte d'oie où plus loin à gauche se trouve une stèle :

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Les indications sont simples mais il faut monter de pénibles escaliers pour aboutir à C1 et C2 (positions Eliane 1 et 4 pour les Vietnamiens) : (Photos Eliane 1-1) à cliquer.

Pour rejoindre E2 ou Eliane 2 il suffit de rejoindre en sens inverse la RP 41 (AH 13) au Sud sur 1OO m pour trouver un bâtiment, non loin du cimetière Viet, où l'on prend 1 ticket pour la visite. Du bas jusqu'au sommet de cette butte de terre truffée de boyaux, barbelés et tranchées se trouvent ça et là des stèles dont celle-ci. Où j'ai rendu un hommage appuyé à ma façon (à voir sur les photos à cliquer). On trouve près du sommet de la butte le char Bazeilles :

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Sur la position Eliane 2 je me suis quelque peu extériorisé de nouveau en hommage pour ceux qui se sont battus sur cette colline point fort du dispositif français. Son assaut a duré 39 jours prise et reprise avant l'assaut final des Viet : (photo hommage) à cliquer. Voici également ce que l'on peut trouver sur Eliane 2 en vrac : (photos Eliane 2-1) à cliquer.

DOMINIQUE

Pour y accéder deux ittinéraires le premier après Eliane 1 en quittant la RP 41 (AH 13) pour emprunter une petite route montante au niveau d'un plan d'eau artificiel d'où l'on peut voir la colline en face et en contre haut. Le second au niveau d'un rond point en direction de Tuan Giao, ici exactement :

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Il faut monter en face 354 marches, bon exercice au petit matin, pour rejoindre la statue de la victoire au sommet de la colline Dominique. Elle représente 3 Bo Doï marchant sur le QG des forces françaises et regardant dans 3 directions différentes. Cette statue a été érigée en 2OO4 pour "fêter" les 50 ans de la bataille : (photos statue) et environs à cliquer.

Des voies d'accès aménagées permettent de faire le tour d'une colline bien meurtrie dans un environnement bouleversé : (photos colline)

BEATRICE

C'est la position qui se trouve le plus au Nord de la RP 41 dans le dispositif. C'est en empruntant cette voie d'accès plus haut que j'ai pu situer la colline Béatrice (Him Lam) : (photos position Béatrice) à cliquer, la position se trouve sur le mamelon situé à droite de la tour Eiffel qui actuellement sert de relais de communication. Le 13 Mars 1954 à 22h30 Béatrice tombe déjà. Le 14 à l'Ouest, c'est au tour de Gabrielle (Dôc Lâp) et, le 17, c'est Anne Marie (Bankéo). Se référer au plan plus haut : en fait tout le dispositif Nord de protection de l'aérodrome est anéanti. De nombreux avions sont détruits, l'aérodrome est déjà inutilisable. Pire : les canons français se révèlent incapables de réduire les positions vietminh. Effondré le colonel Piroth, commandant de l'artillerie française, se suicide en dégoupillant une grenade. Le commandement a finalement pêché par un trop fort excès de confiance en sa statégie.

ISABELLE

Mardi 26 octobre, il pleut, je quitte Dien Bien Phu pour rejoindre la position Isabelle située à quelques 6 kms au Sud en direction de la frontière du Laos. Au bout de 5 kms de marche environ je trouve déjà mon bonheur ici :

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Ce mémorial se trouve aux abords immédiats de la RP 41. Dans ce secteur une pancarte (indication « phap » = français) indique probablement l'emplacement de l'aérodrome secondaire situé sur Isabelle. D'autres positions du dispositif Isabelle se trouvaient à cheval le long de la piste Pavie et à l'Ouest de la Nam Youn : (photos Isabelle RP 41) à cliquer. Alors c'est parti ! allons voir où se trouve cette position d'Isabelle aux abords de la piste Pavie. Il faut croiser les restes du char Conti, passer le PC GONO et le mémorial français, laisser sur la gauche la position Junon où se trouvaient les "PIM" (prisonniers et internés militaires) marcher au sud de Claudine donc finalement prendre la direction de Pa Thom, le pont (Cau Muong Thang) est le fameux pont de bois qui franchissait la Nam Youn et qui est devenu un pont bétonné sur une large avenue à 4 voies : à cliquer (photos pont de bois) mentionné sur le plan affiché au début. Finalement Pa Thom est situé sur la piste Pavie. En marchant 15 kms (aller retour) sur la piste je vais finir par découvrir, en y ajoutant une légère douleur aux jambes et au dos, la position Isabelle (photos Isabelle Pavie) à cliquer. Sur cette position, comme l'indique la stèle un char Chaffee, un canon de 105, un mortier de 120 ont été détruits ( je trouve mon 6 ème char je verrais les 3 autres au musée de Dien Bien Phu ; le compte est bon l'escadron d'Hervouet comportaient bien 9 Chaffee 24). En contournant Claudine vers le Sud je trouve sur la piste Pavie cette pancarte :

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La direction de Thanh Hung, sur la piste Pavie en direction du Nord, permet, sur les deux jambes, de situer les positions Huguette, Anne Marie, Gabrielle, la zone de larguage initiale, le fameux "ravier".

HUGUETTE – LE RAVIER - ANNE MARIE –GABRIELLE

J'ai beaucoup "crapahuté" pour tenter de trouver l'ensemble des positions du camp retranché, cerner exactement une piste Pavie peu repérable immédiatement et il m'a fallu donner de nombreux "coups de boussole" pour ne pas perdre le Nord…

Pour connaitre l'historique de l'appellation piste Pavie il suffit de lire mon chapitre 2. Pavie est un illustre personnage qui a contribué magistralement et généreusement à la réalisation de ce que fut notre belle Indochine française. Les positions Claudine (pour certaines), Huguette, Anne Marie se situent à l'Ouest de la piste seuls Huguette 6, Anne Marie 4 et Gabrielle sont à l'Est (voir le plan plus haut). En marchant vers le Nord et au niveau de Huguette 3 on trouve à l'Est de la piste Pavie la zone de larguage initiale exactement au niveau de ce paysan maniant la charrue tirée par le buffle donc dans le secteur du 8°BPC (voir plan) :

Après la prise de l'aérodrome, le périmètre du camp étant réduit les larguages ont été imprécis, les pilotes avions craignant la DCA ennemie se débarassaient de leurs colis (vivres et minitions) toujours plus haut tombant ainsi le plus souvent chez les Viet. La mise au point, avec succès, d'un système d'ouverture du parachute avec retard s'est avéré nécessaire. Quant aux personnels de renfort ils étaient dropés de nuit dans un périmètre sans cesse réduit à une altitude de 150 m maxi. Au niveau des positions Anne Marie et au Sud de Gabrielle se situe le fameux "ravier".

Le "ravier" est une coupure de la piste Pavie (voir le plan), une ravine en fait un fossé profond au fond duquel coule un petit ruisseau une sorte de drain orienté Ouest-est qui s'évacue dans la Nam Youn. Actuellement le passage de ce "ravier" bétonné est facilité par de nombreux pontets alors qu'à l'époque chars et personnels passaient ce fossé directement pour aller essayer de dégager les positions assaillies ou tenter de les reprendre aux Viet ( Anne Marie, Gabrielle) : (photos ravier) à cliquer. Du Sud au Nord en deçà et au-delà du "ravier" se trouve Anne Marie au niveau d'un petit cimetière Vietnamien (existait- t'il à l'époque ?) : (photos positions Anne Marie et Gabrielle) à cliquer, Gabrielle est la position la plus haute, mamelon situé au Nord et à l'Est de la piste Pavie.

Construite après la bataille la ville de Dien Bien Phu est en fait une longue succession d'immeubles de béton sans charme . Cependant c'est le cœur serré qu'on l'aborde pour sa charge émotive et historique et pour la somme de souffrances que cela a impliqué. Et voici ma conclusion :

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La colline Eliane 2 a été maintes fois prise et reprise. Ce jour 25 octobre 2010 le drapeau français y a encore flotté une dernière fois qui l'eut cru ! : notre regretté "Bruno" aurait pu dire et pu penser que finalement "cela avait de la gueule"…

Ne vous demandez surtout pas comment j'ai pu avoir l'insigne honneur de prendre ces photos… : c'est tout simple discrètement, astucieusement en utilisant la technique de mon appareil à savoir le retardateur et en y ajoutant un soupçon de tonus, d'agilité et de rapidité dans l'exécution pour éviter, on ne sait jamais, de tomber dans la tranchée, se blesser et de passer pour un imbécile en se faisant remarquer.

Quand au drapeau français, je lui ai offert un fabuleux voyage en "terre jaune" en le faisant servir glorieusement ici, après Dong Khe, lui qui a son habitude tient la meilleure place dans un bureau patriote à Saint Martin de Seignanx. Et cela… ça ne s'invente pas !

LAOS-VIENTIANE du 4 au 15 novembre 2010

"Sabaï dii" est une formule de politesse laotienne qui signifie Bonjour en français. Je suis au Laos depuis le jeudi 4 novembre au petit matin. "Sabaï dii" mon dos, cassé par déjà 12 heures de bus et 2 bonnes heures d'attente au poste frontière vietnamien de Vinh où il a fallu allonger quelque monnaie supplémentaire pour avoir le sésame définitif afin de se présenter au poste laotien et avoir le droit de franchir ce "check point".

Ensuite ce n'est pas fini l'on représente son passeport pour faire valider le visa laotien avec le plaisir de remplir un tas de paperasse et de donner une photo que je ne possédais pas évidemment. Pour le compte cet oubli m'a coûté encore 1 dollar supplémentaire pour récupérer mon passeport avec le tampon et l'autorisation de rejoindre mon bus.

Je suis arrivé à Vientiane après 20h de voyage, légèrement fatigué…

Ce n'est pas fini, la gare routière est à 10 kms du centre et il a fallu prendre un "tuk-tuk" (prononcer « touk touk) comme celui-ci sur la photo : il s'agit de tricycle à moteur qui peuvent transporter environ 4 passagers (photo tuk tuk) à cliquer). Son grand frère le "jumbo" peut accueillir 12 passagers et ce n'est pas donné : il faut négocier ferme et si possible se mettre en accord avec d'autres touristes pas français pour le remplir afin de régler un montant abordable. Bref l'arrivée n'est guère reposante. C'est dur la vie d'un routard français au Laos de maintenant ! : c'est une mondialisation qui nous est bien défavorable.

A la descente du jumbo on est pommé, tout est à découvrir, il faut trouver un hôtel bien négocier le prix en anglais car nul ne parle le français et bien sûre aucun compatriote à l'horizon. Les touristes sont quasiment tous des anglophones ce qui oblige les méninges à travailler à plein. Le cul et le sac posés il faut illico chercher un bureau de change et convertir les dollars en kips (1 dollar=8000 kips). Ensuite une bonne bière n'est pas un luxe… : santé !

La "beerlao" est délicieuse fraiche et légère et le contenant comme le contenu est extra large (64cl) mais une seconde s'impose derechef avec la chaleur le stress et la fatigue : "one more" comme ils disent et la réponse est toujours "yes" contre 10000 kips pour chacune agrémenté d'un large sourire carnassier car la somme est adaptée à la bourse essorée du pauvre routard que je suis.

Au Laos l'on ne parle pour ainsi dire plus le français alors qu'autrefois l'ancienne langue lao était française lisez plutôt c'est édifiant :

Bref comme toujours nous nous sommes fait "entuber"…

Le moral est au top pour vous parler un peu de Vientiane (prononcer "Ven Chiane"). Curieusement l'administration continue d'utiliser le français sans le parler ou sommairement. L'on est tout étonné de voir écrit "la poste" par exemple : (photos administrations) à cliquer.

Ce qu'il y a de plus intéressant c'est de se balader au fil du mékong à pied (photo mékong) à cliquer ou avec un "vélo de derrière les fagots" comme dans un fauteuil: (photo vélo) à cliquer. … et méditer enfin avec le fleuve pleine bille, Où … prendre de l'ombre sous un parasol de circonstance

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Entre autres choses il y a quelques musées temples et monuments à voir (photos musée et monuments) . Le plus intéressant est le marché Khua Din à côté de la station de bus (photos marché) .

A suivre avec le vélo…vers le Vietnam Sud et l'Annam

 

 

UN VELO, DE HANOÏ VERS L'ANNAM, EN IMAGES…

D'une borne à une autre,d'un coup de pédale au suivant afin d'aller de l'avant et oublier les déconvenus…

1 ère journée : le départ d'Hanoï le 30 novembre 2010 vers Ninh Binh

Après de nombreuses péripéties le vélo fragilisé par les intempéries (pluies incessantes, boue, routes défoncées parfois inexistantes, dans un environnement montagneux scabreux et difficile) a été, en partie, remis en état de rouler dans une chambre d'hôtel d'Hanoï mis à disposition d'un vététiste porté par un rêve un peu ébréché mais dans la possibilité d'être recollé  : remerciements au gérant du "Golden drum hotel 10 E Dinh Liet street Hoan Kiem".

En attente d'une extension de visa le vététiste, déconfit mais nullement abattu, par l'infortune du vélo a entrepris des déplacements bienheureux à Sapa, Dien Bien Phu et Vientiane au Laos pour ne pas moisir bêtement à Hanoï. Après l'extension du visa enfin !... : Le vélo, avec 2 plateaux valides était jugé, par son compagnon, apte à reprendre du service pour mettre en musique une nouvelle partition moins spectaculaire que celle envisagée initialement … mais jouable avec un instrument affaiblie mais accordé, encouragé par le musicien Thierry Servot membre de l'ANAI de Lyon (association des anciens et amis de l'Indochine) connu par l'intermédiaire d'internet via le site ouvert par Michel Sarthe. Le mardi 30 novembre le vélo repartait enfin !!! Malgré les "moult difficultés" (Thierry Servot présent et témoin en racontera plus tard les détails par le menu) : (photos du départ) à cliquer.

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Les photos se passent de commentaires et le vélo atteindra Ninh Binh sans problème après 120 kms de pédalage : (photos journée Ninh Binh) à cliquer

 

2 ème journée : 1 er décembre de Ninh Binh à Tinh Gia

Hier nous étions le 1 er décembre, en ce moment nous sommes le 22 décembre et je suis à Dalat. J'ai connu diverses infortunes : difficultés et attente pour le visa, vol de mon appareil photo à Hanoï achat d'un nouveau qui me lâchera à Nha Trang (humidité consécutive aux pluies abondantes). Miracle ! À Dalat il s'est remis à fonctionner grâce aux bienfaits d'un sèche cheveux.

Le 1 er décembre je filais sur Tinh gia, de bornes en bornes et il en sera ainsi jusqu'à mon retour à Hanoï pour prendre mon avion le 24 février mon visa s'achevant le 25. Je n'ai plus les moyens et le temps de réaliser ce que j'avais envisagé initialement.

En quittant mon hôtel à Ninh Binh je prenais la direction de Than Hoa, pour atteindre ma destination 110 kms plus loin (photographies de l'étape) à cliquer.

3 ème journée : 2 décembre de Tinh Gia à Vinh

Le matin très tôt je quitte mon hôtel de Tinh Gia. D' après cette borne je suis à une petite centaine de kms de Vinh ville importante :

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Au passage quelques belles photos à prendre (photos paysage) à cliquer, après quelques coups de pédale et remontées de sueur Vinh se rapproche. Ce n'est pas terminé, avant de pénétrer dans Vinh il faut aussi se désaltérer, l'important est de choisir une boisson énergétique…et des compagnons sympa (photos à boire) à cliquer. Moralité : ne jamais se laisser abattre pour conserver un moral d'enfer et une santé de fer.

4 ème journée : 3 décembre de Vinh à Ky Anh

Joyeux Noël à tous ! Je fais fonctionner mon subconscient et met en marche ma fameuse machine à remonter le temps. Le site est resté en sommeil quelques mois et ce jour 25 décembre je suis bien à Dalat pour vous faire partager ma soirée de réveillon toute simple, en solitaire vététiste ou routard comme vous le voulez.

La soirée s'est déroulée au restaurant d'abord avec un verre de Whisky tonic d'abord, de Bordeaux "tout venant" ensuite  mais AOC comme il se doit, le tout dans une pure ambiance "French spirit" avec roses et chandelle, dans ma chambre ensuite avec 2 sandwichs (j'avais encore faim), une bière française "333" une bouteille de vin de Dalat (pas les moyens de m'offrir du Bordeaux même "tout venant" et AOC) mais luxe suprême une bouteille de mousseux rosé, mais française, qui a engendré dans ma "tronche" de basque breton une légère migraine ce matin mais tout est revenu dans l'ordre actuellement grâce au miracle "doliprane" : (photos de mon noël) à cliquer, c'est "funny" en diable.

Je remonte le temps vers l'arrière : nous sommes bien le 3 décembre, comprenez-vous ? Pour atteindre Ky Anh le vélo doit rouler vers Ha Tinh d'abord :

IMG_0042.JPG

Les bornes aux distances encore lointaines se succèdent atestant qu'il y a encore du "grain à moudre" dans le moulinage des jambes qui, si l'on veut, se reposent sur les pédales : (photos bornes) lointaines à cliquer.

Juché sur une selle qui me meurtri les fesses je prends de la hauteur pour doubler des véhicules étonnants : (photos véhicules) à cliquer. Il pleut pour ne pas changer, je dois encore chausser un imperméable qui ne mettra pas à l'abri, de nouveau, des pieds qui nageront comme à l'habitude, toute l'étape, dans les chaussettes. M'avez-vous reconnu ?: c'est la joie…, je baigne aussi dans le bonheur. Le vélo quant à lui reprend sa dégaine de loqueteux croté : (photo vélo) à cliquer. Ha Tinh passé, Hué se rapproche, Ky Anh n'est pas loin.

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Vélo et cycliste, dans un un paysage humide mais néanmoins agréable arborent un visage souriant : c'est la fin Ky Anh est là au terme de 110 kms..

5 ème journée : 4 décembre de Ky Anh à Dong Hoï

Samedi, après un petit déjeuner rapide à la Viet j'enfourche la machine. A ce stade je suis à 95 kms de Dong Hoï comme l'indique cette borne :

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Une petite faim et soif se font sentir, alors je pose mes fesses sur un cailloux pour avaler quelques biscuits et descendre un "Red Bull" pour me tonifier… Je suis pensif, va-t-il encore pleuvoir ? Le ciel est tristounet on fera avec… Quang Tri est à 176 kms je m'approche donc de la fameuse zone démilitarisée née de la convention de Genève en 1954 (17 ème parallèle) séparant le Nord du Sud.

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Je m'arrête pour reposer le dos, faire des étirements, vérifier le vélo et le chargement, me ravitailler, regarder le paysage et la faune locale qui déambule au milieu des étendues rizicoles : (photos arrêts) à cliquer.

Hué se rapproche ce qui signifie que j'ai effectué 600 kms depuis mon départ d'Hanoï. La journée de pédalage se termine bientôt comme l'indique cette signalisation et cette borne, sans la pluie, j'en suis fort aise…

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6 ème journée : 5 décembre de Dong Hoï à Dong Ha

C'est le jour du seigneur au petit matin je quitte mon hôtel de Dong Hoï. Dong Ha se situe à 93 kms, encore une rude journée et comme il se doit encore avec la pluie. Je mets mon couvre pluie bleu et bois une rasade :

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Chemin faisant je m'aperçois que Hué n'est plus qu'à 85 kms et la pluie est toujours aussi vivace, je vous salue tout de même mes amis : certains sont en France et d'autres se baladent dans une isle lointaine… :

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Je suis maintenant dans le secteur du 17 ème parallèle. Ici je vais participer à la conférence de Genève en m'y invitant incognito pour jouer les diplomates. Il pleut des cordes je passerais donc inaperçu : (photo diplomatie) à cliquer.

Tiens Hué n'est plus qu'à 74 kms. J'avance malgré mon arrêt à la conférence "cahin caha" je me rapproche de Dong Ha :

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Et j'y arrive avec les pieds nageant dans les chaussettes :

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A chaque jour suffit sa peine, à demain mes amis.

 

7ème journée : 6 décembre de Dong Ha à Hué

C'est avec un double plaisir que je réalise cette étape, malgré la pluie encore, car depuis Hanoï j'aurais accompli en 7 jours la distance de 800 kms dans des conditions souvent difficiles et aussi parce que je suis attendu à Hué par un ami membre de l' ANAI (association nationale des anciens et amis de l'Indochine) de Lyon connu par internet. Thierry que j'ai rencontré à Hanoï et qui a assisté à mon départ a tenu à me rejoindre à Hué par le bus afin que je puisse passer une journée de repos en sa compagnie. Cette journée me servira d'ailleurs à faire la toilette du vélo.

Au départ de Dong Ha, Da Nang n'est plus que la distance annoncée sur la borne et vous pouvez le constater il pleut toujours. Et plus tard je suis à 2 kms de Quang Tri :

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C'est ici qu'eut lieu le siège et la bataille de 1972 au cours de laquelle la citadelle et la ville furent entièrement détruites, sauf une école toujours debout. Bonjour les Américains ! Dans les parages les endroits sans doute le plus intéressants et les plus étonnants se trouvent à Vinh Moc (tunnels) et à Khe Sanh (terrible bataille du 20 au 7 février 1968 entre Viêt-Cong et Américains sur le camp retranché). Pour plus de détails (commentaires et photos) sur Vinh Moc et Khe Sanh lire mon chapitre 2 (je suis déjà passé là en 2008). Lisez mes commentaires et regardez mes photos et si vous en avez le temps venez faire un tour dans les parages c'est poignant !

Dans ces parages j'y suis de nouveau en 2010 avec le sourire et le vélo, bien évidemment il pleut, tout près d'un pont qui enjambe la rivière Ben Hai faisant alors frontière entre le Nord et le Sud :

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Tout en longeant la voie ferrée Hanoï Saïgon je me rapproche de Hué et la garde barrière m'observe avec curiosité : "qui c'est celui là, il a une drôle de gueule ce gars là : qui c'est celui là" et qu'est ce qu'il fait là ce mec là ?

Et bien cet oiseau là et "sa drôle de voiture" se rapprochent de Nha Trang. Et d'où je suis encore actuellement (27 décembre) car je me trouve bien ici. Ce jour là 6 décembre, je vais arriver à Hué, paisible et belle ville française jusqu'en 1956 :

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Tout près du but je sens que l'on me nargue alors de loin je prends une photo : regardez bien le vélo pour se moquer il arbore sur son arrière le drapeau et le macaron basque français, pas chauvin c'vélo là…belle photo n'est ce pas ? Et puis pour me venger je fais un "zoom" : "pas belle cette photo !" Ce jour 6 décembre le vélo pénètre dans la cité impériale de Hué là où a flotté pendant un siècle durant et jusqu'en 1956 nos trois couleurs, à ce même mât du drapeau :

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Je passe le pont Clémenceau qui enjambe la rivière des parfums afin de me trouver au lieu de rendez vous fixé par Thierry qui m'a réservé une chambre dans l'hôtel où je vais passer une journée de repos et pouvoir faire la toilette au vélo.

Thierry m'accueille en photos dans une rue de Hué :

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8ème journée : 7 décembre repos à Hué

Un vélo doit être entretenu souvent surtout lorsque les conditions météorologiques en "terre jaune" sont mauvaises : pluies incessantes donc boue, inondations et humidité engendrant la rouille des câbles à l'intérieur des gaines de protection et tous les engrenages et en particulier la transmission qui s'use butant sur des cailloux invisibles dans l'eau (plateaux, pédalier, pignons, dérailleur). Il faut nettoyer et huiler en permanence donc chaque jour à chaque fin d'étape. Encore faut t'il avoir le temps, l'envie, (la fatigue est permanente et la sueur abondante) et les moyens (un jet, un abri, de l'huile toujours, de coude aussi !). Bref tout devient compliqué et il se produit ce qui m'est arrivé dans le Nord Tonkin : un plateau intermédiaire inutilisable, des câbles qui s'effilochent et cassent donc des freins qui ne fonctionnent plus et l'impossibilité de changer les vitesses (une vraie galère et le stress et la fatigue s'installent dans la tête et dans les jambes). Il faut toujours conserver le moral car l'on est seul avec soi-même. Ici pas d'assistance, de voiture de dépannage et de ravitaillement : la logistique c'est l'autonomie. Ceci dit quel bonheur et quelle joie lorsque l'on réussit à surmonter les difficultés pour ramener la mécanique à bon port, en se donnant les moyens de réparer de manière à pouvoir repartir encore un bout de chemin pédaler un peu plus borne après borne plus loin encore plus loin. Alors l'impossible redevient possible.

Vous m'avez compris... alors, au travail !, dans cette bonne ville de Hué sensée être la base d'une journée jour de repos méritée :

Et d'abord passer le vélo au jet pour faire disparaitre la boue :

Ensuite il faut sécher et huiler sans omettre de se faire aider par des petites mains courageuses et bienvenues : (photo nettoyage) à cliquer.

Mais cette journée de repos sera aussi un moment de détente avant l'étape du lendemain en compagnie de Thierry, Ali qui m'a aidé au nettoyage et Hoa qui parle très bien le Français. Hoa est la petite protégée de l' ANAI de Lyon (association qui permet à Hoa d'étudier à Hué et d'apprendre entre autre le français, bravo !) : (photo détente) à cliquer.

 

9ème journée : 8 décembre de Hué à Lang Cô - (Pied du col des nuages)

C'est parti très tôt je quitte mon hôtel sympa de Hué avec ordi et wifi à demeure (ici c'est abordable…). Le vélo est prêt je n'ai plus qu'à chausser mon casque.

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Je traverse Hué où je ferais de nouveau halte à mon retour, (pas facile avec la circulation et comme toujours le manque de signalisation).

Da Nang se rapproche au fil des bornes, d'une borne à l'autre. Et finalement après avoir accompli 7O kms je me retrouve à Lang Cô avec la pluie et un vélo à renettoyer :

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Lang Cô est au pied du col des nuages que je vais m'occuper à grimper dès demain avec deux plateaux valides et je l'espère sans problème, en longeant la mer pour atteindre ce qui était autrefois appelé le Cap Saint Jacques c'est-à-dire Da Nang.

Voici Lang Cô petite ville avec son église :

10ème journée : 9 décembre de Lang Cô à Hoï An Par Da Nang et le col des nuages

En montant le versant Nord sur la route de Da Nang le vélo quitte le village de Lang Cô étalé dans une plaine littorale bordée par une grande plage de sable fin. Au loin la petite église apparaît tandis que le vélo accoté à la balustrade d'un petit pont admire les grands carrelets et les barques qui se mirent dans l'eau (photos littoral) à cliquer :

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Pour admirer le paysage il faut faire cette route en vélo si l'on a un fort désir et la santé. La route sinueuse avec de remarquables points de vue grimpe pendant 12 kms selon des pentes variables allant jusqu'à 10%. Il faut faire des haltes fréquentes pour admirer le paysage et souffler un peu, s'apercevoir que l'on n'est plus qu'à une certaine distance de Saïgon : (photos paysages) surplombant la baie à cliquer.

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Enfin l'on arrive au col des nuages, appelé Hâi Vân en vietnamien, humide et baignant dans la sueur car en plus il y a du crachin. Ce col, très souvent dans les nuages, marque une sorte de frontière climatique entre le Nord et le Sud. Il surplombe la mer de près de 500m. Moi je suis accueilli au sommet par des cyclistes allemands surpris de me voir ainsi chargé me nommant "superman"… : le "super vélo" se marre. Au sommet il y a quelques vestiges de fortins chinois et français mais aussi beaucoup de vendeurs qui tiennent des échoppes : (photos sommet) à cliquer.

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Il y a aussi une stèle viet qui mentionne que des combats ont eu lieu ici avec les japonnais et aussi les viets… contre les français : (photo stèle) à cliquer. En descendant vers Da Nang la route sinueuse présente de remarquables points de vue sur la baie entrecoupée de promontoires où je fais souvent une halte : (photos points de vue) à cliquer.

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J'arrive finalement à Da Nang et la traversée de la ville ne sera pas de la tarte… (ville importante tout en longueur sans signalisation et une circulation intense, un vrai merdier !!! complètement pommé bon Dieu !!!!!!!, je vais me fâcher ?). Au passage quelques (photos curiosités) à cliquer pour enfin trouver la bonne direction menant à Hoï An. Et finalement y arriver après « moult » difficultés ouf !!!

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Après avoir quitté Danang et passé le col des nuages dans la tempête (vents forts et déluge de pluie) le vélo est bloqué à Hué (cité impériale majestueuse) toujours par le mauvais temps, depuis le 16 janvier 2011. Quelque soit le temps le "pédaleur" a décidé de rejoindre Dong Ha le 22 à venir, jour de son anniversaire afin de rejoindre Hanoï beaucoup plus loin . S'il vous plait, faites lui cadeau d'un magnifique soleil et d'une bonne douceur... car il "se les gèle" Merci !

Bonjour à tous,
Le vélo est à Vinh (quelques 300 kms d' Hanoï) là où en ce moment il fait tout juste 12°, impensable ! Depuis son départ de Nha Trang la mauvaise météo (pluies incessantes et fort vent de face) accompagne la monture et son pilote dont les pieds barbottent dans des chaussettes qui surnagent et font la planche dans les godasses . Le vélo éponge sa misère pourvu qu'il tienne ! A son arrivée à Vinh les responsables d'un hôtel cossu ont eu la bonne idée de le laver afin qu'il soit présentable pour prendre place à l'abri dans un hall nickel . Le pilote baigne dans le bonheur, il va pourvoir se sècher lui et ses vêtements de lutte (son tailleur n'est pas riche) et un peu se réchauffer. Bref malgré des circonstances asiatiques bizarres le moral est au plus haut, la chaleur humaine venant au secours d'un pédaleur transi mais bienheureux et toujours costaud .
Vous voilà rassuré mes amis, le moral est au beau fixe et les prévisions météo à venir en "terre jaune" seront inchangées mais...certains se plaisent à annoncer qu'à la fête du TÊT il pourrait y avoir grand soleil à Hanoï ...
Je vous transmerts quelques photos depuis mon départ de Hué le 22 janvier 2011 .
à bientôt,
Guy Passelande

La suite des récits de Guy ...... cliquez ici.

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